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Infos classifiées, vraiment?

ministre, Sécurité publique du Canada
Photo d'archives, Olivier Charbonneau

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, sont des expertes dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

En février, Daniel Jean, conseiller à la sécurité nationale du premier ministre Justin Trudeau, a dit à des journalistes que des factions du gouvernement indien avaient cherché à saboter le séjour de M. Trudeau par la présence de l’ex-extrémiste sikh Jaspal Atwal.

Les semaines suivant ce désastreux voyage, Ottawa a refusé de donner des détails entourant des renseignements relayés confidentiellement aux journalistes par M. Jean.

« Vous me demandez d’aborder des questions classifiées. Je ne peux pas faire ça », a soutenu en mêlée de presse le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, le 1er mars.

Les faits

Les confidences de Daniel Jean à des journalistes reposaient-elles vraiment sur des informations classifiées, et donc, secrètes ? Plus le temps passe, moins ça semble le cas.

Dans les semaines suivant le 1er mars, M. Goodale a dû revenir maintes fois sur la proportion d’informations devant demeurer secrètes.

Les renseignements donnés aux médias n’étaient pas classifiés, mais « le contexte élargi [...] entourant l’affaire Atwal » l’était, a-t-il d’abord nuancé en Chambre.

Puis, cette semaine, les libéraux ont finalement accepté que M. Jean comparaisse devant un comité parlementaire afin de répondre aux questions pour la portion non classifiée.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, aura aussi le droit de connaître les éléments classifiés, dans une rencontre d’information à huis clos.

Information classifiée ou non, la lumière doit être faite, selon l’ex-agent du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) Michel Juneau-Katsuya.

« Dans les deux cas, si [Daniel Jean] est encore en poste, c’est donc dire que son patron savait qu’il allait couler de l’information. [...] S’il a fait ça de son propre chef, ça vaut une démission ou un renvoi », a-t-il dit, ajoutant que l’épisode a contribué à une crise entre les deux pays.