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Le club des surdoués

Le Club de la médaille d’or honore les meilleurs athlètes des dix dernières années

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Le Club de la médaille d’or, un organisme qui offre une aide financière à nos athlètes depuis plus de 50 ans, a rendu hommage hier à un groupe de 12 athlètes s’étant illustrés sur la scène mondiale entre 2007 et 2017.

Ces athlètes par excellence de la « dernière décennie » sont les skieurs acrobatiques Alexandre Bilodeau, Mikaël Kingsbury et Jennifer Heil ; le skieur alpin Erik Guay, le fondeur Alex Harvey ; les patineurs de vitesse Charles Hamelin, Marianne St-Gelais et Clara Hughes ; la hockeyeuse Marie-Philip Poulin, la plongeuse Émilie Heymans, le nageur Benoit Huot et la planchiste Dominique Maltais.

On peut parler d’un club de surdoués lorsqu’on pense à la razzia de médailles décrochées par ces athlètes dans le cadre des Jeux olympiques, des championnats du monde et des étapes de la Coupe du monde.

Ce « 5 à 7 du sport » organisé par le Club de la médaille d’or a donné lieu à de belles retrouvailles entre Kingsbury et Bilodeau puisque les deux skieurs ne s’étaient pas croisés depuis le retour triomphal de Kingsbury des Jeux de PyeongChang.

Un respect mutuel

Même si la compétition était féroce entre les deux hommes il y a quelques années, c’était beau de voir Bilodeau et Kingsbury se donner l’accolade.

« Il y a toujours eu un respect mutuel, a affirmé Bilodeau, double médaillé d’or olympique. En voyant Mikaël triompher à PyeongChang, j’ai ressenti une montée de nostalgie, ayant côtoyé plusieurs athlètes canadiens aux Jeux. C’était la première fois depuis les Jeux de 2002 à Salt Lake City que je ne faisais pas partie de la fête. C’était un sentiment bizarre.

« J’ai ressenti beaucoup de fierté en voyant Mikaël sur la plus haute marche du podium, a poursuivi celui qui se plaît dans son boulot à la firme de comptables KPMG. Lorsqu’on était en compétition l’un contre l’autre, on se poussait à devenir meilleurs.

« Mikaël a très bien fait ça à PyeongChang. Il a su gérer la pression de façon éclatante en s’adaptant bien aux conditions de la piste. Il a ajusté sa stratégie et il a gagné. Il a toute mon admiration, et ce qu’il réussit sur le circuit de la Coupe du monde depuis plusieurs années est exceptionnel. Il est un modèle de constance. C’est du jamais vu sur la scène internationale. »

Un tourbillon

Kingsbury, qui vise à remporter une troisième médaille olympique dans quatre ans en Chine, accepte les compliments de son ancien rival avec grand plaisir.

Battu par Bilodeau aux Jeux de Sotchi en 2014, le jeune skieur de 25 ans, originaire de Deux-Montagnes, a très bien répondu aux attentes à PyeongChang et il vit un tourbillon médiatique depuis son retour au Québec. Il a été présenté à la foule au Centre Bell, au Stade olympique ainsi qu’au Centre Rogers à Toronto, et il a pris part à plusieurs émissions de grande écoute à la télé.

« Je réalise davantage l’ampleur et l’impact qu’a pu avoir cette conquête de la médaille d’or aux yeux du public, a raconté Kingsbury. C’est valorisant autant pour mon sport que pour moi. Je croise des gens sur la rue qui me disent qu’ils ont versé des larmes en me voyant gagner l’épreuve des bosses. Ça me touche beaucoup. Je constate que je suis maintenant mieux connu (pas autant que les joueurs du Canadien !) et je tiens à procurer d’autres moments de réjouissances au public dans quatre ans aux Jeux de Pékin. »

Marie-Philip Poulin admire Mikaël Kingsbury

Marie-Philip Poulin a assisté à la soirée offerte par le Club de la médaille d’or dans les bureaux de la RBC à la Place Ville Marie et elle était heureuse de retrouver des champions olympiques comme Mikaël Kingsbury et Alexandre Bilodeau.

« On se côtoie à l’occasion et on a développé des liens d’amitié entre nous, a dit celle qui porte l’étiquette de meilleure hockeyeuse au monde depuis plusieurs années. J’admire un athlète comme Kingsbury. Il a dû composer avec une énorme pression à titre de favori dans le concours des bosses en ski acrobatique aux Jeux de PyeongChang et il a su être à la hauteur des attentes.

« Il est si calme, si sûr de lui. Je l’admire. Honnêtement, je trouve qu’il représente un modèle idéal pour les jeunes. Il possède un talent si naturel. »

Poulin aurait bien aimé ajouter une troisième médaille d’or à sa collection au tournoi olympique de PyeongChang, mais les Américaines l’ont emporté en finale au bout des tirs de barrage.

« Il est certain que sur le coup, cette défaite a été fort difficile à digérer, a dit celle qui a joué le rôle de capitaine. Mais après avoir pris un certain recul depuis mon retour au Québec, je suis en mesure de réaliser que les membres de l’équipe canadienne ont très bien joué au cours du tournoi. On formait un excellent groupe et il y a de quoi être fières de nous. J’ai bien apprécié l’accueil que j’ai reçu dans mon patelin, en Beauce. Ça m’a touché droit au cœur. »

Des bourses fort appréciées

Le Club de la médaille d’or a offert des bourses à trois jeunes athlètes de la relève au cours de la soirée, soit le patineur de vitesse longue piste David La Rue, vice-champion du monde junior ; la spécialiste de l’aviron Marilou Duvernay-Tardif (l’une des deux sœurs de Laurent Duvernay-Tardif, joueur de ligne vedette des Chiefs de Kansas City) et le fondeur Olivier Hamel.

La Rue a obtenu une bourse de 4000 $. Le rapide patineur est venu à quelques dixièmes de seconde près d’être sélectionné au sein de l’équipe canadienne pour les Jeux olympiques de PyeongChang. Ce n’est que partie remise dans son cas.

La plongeuse Emilie Heymans s’est dite touchée de faire partie des meilleurs athlètes de la dernière décennie. « Ça fait déjà six ans que je suis à la retraite, a-t-elle dit. C’est tout un honneur qu’on me fait de m’inclure dans un groupe aussi sélect. » Heymans, qui a récolté quatre médailles aux Jeux olympiques, est aujourd’hui une femme d’affaires en ayant développé avec succès sa propre collection de maillots de bain et de vêtements de sport.