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Marissal et le simplisme

Vincent Marissal QS
Photo Chantal Poirier Vincent Marissal

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Après l’annonce de l’adhésion de Vincent Marissal à Québec solidaire, quelques vieux amis de mon ancienne vie politique m’ont ressorti des textes dans lesquels l’ex-chroniqueur n’était pas tendre avec moi. De l’histoire ancienne, sauf un élément qui m’a frappé : l’accusation répétée qu’il me formulait de présenter des propositions « simplistes ».

Monsieur Marissal se présente en ennemi des solutions simplistes face aux problèmes complexes. Voilà une qualité qui l’honore. Voilà aussi une qualité qui pourra lui être utile prochainement. Parce qu’en tout respect, il m’apparaît que Québec solidaire porte quelques éléments de programme un tantinet simplistes.

Qui paye ?

D’abord, l’équilibre général du programme repose sur des augmentations de dépenses. L’État dépenserait davantage dans à peu près tous les services publics. On ne compte plus dans le programme le nombre de paragraphes qui finissent par dire qu’on subventionnerait davantage un groupe.

On finance comment ces marées de milliards de dépenses supplémentaires ? En taxant les riches. C’est simple. Ou simpliste ? Les particuliers au Québec qui gagnent 200 000 $ ou plus ne représentent pas 1 % de la population. Pas beaucoup de monde pour payer.

Si l’on prend ceux qui gagnent 100 000 $ et plus, on a presque 5 % de la population. Un peu plus de monde. Mais ils payent déjà dans le système actuel plus de 40 % de tous les revenus d’impôt entrant au gouvernement. Crier à la masse qu’on va faire payer les riches, c’est pire que simpliste, c’est démagogue et populiste.

D’autres idées légèrement simplistes. Hausser le salaire minimum à 15 $ brutalement sans tenir compte des variables économiques. Les députés se lèvent en chambre, votent un salaire minimum en cinq minutes et cela crée plus de richesse dans le Québec ! Bien simple.

Plus de vacances !

Et ces mêmes travailleurs aimeraient plus de temps libres aussi ? Plus de semaines de vacances, plus de jours fériés dans l’année. Les PME vont payer pour ça. Tout simplement. Et si un tel déferlement de charges sociales tuait les petits commerces et que seuls survivaient les géants aux reins solides comme Walmart ? Québec solidaire se serait tiré dans le pied... avec des idées séduisantes pour l’électeur, mais simplistes.

Il y a de la chicane sur les frais de scolarité. Enfin quelqu’un avec une solution simple et claire : la gratuité ! Il n’y a pas beaucoup de pays sur terre qui ont joué à ça. La France a essayé, mais le succès du point de vue de la qualité n’est pas retentissant...

Arrêtons de financer les études des enfants inscrits à l’école privée. Il s’agit d’une proposition prévisible pour un parti de gauche à la chasse à tout ce qui est privé. Mais de faire la proposition en prévoyant une ÉCONOMIE de 100 millions ??? En oubliant le coût énorme d’accueillir ces milliers de jeunes dans le réseau sans la contribution de leurs parents. Simpliste et irréaliste.

Et que dire du droit absolu de faire des manifestations sans restrictions, avec des pouvoirs très réduits pour la police ?

Seul le Black Block ne doit pas trouver ça simpliste.