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Un musée impressionnant

L'entrée du musée
Photo courtoisie, Jacques Lanctôt L'entrée du musée

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À bord des avions qui nous ramènent à Montréal, au retour de Cuba, il arrive au voyageur que je suis d’entendre les histoires les plus invraisemblables à propos de ce pays qui lutte pour son indépendance.

Je leur suggère une visite au Museo de la Denuncia (Musée de la dénonciation), pour comprendre ce qu’a vécu ce petit pays des Antilles.

Il s’agit d’un très beau complexe situé dans le quartier des ambassades, à Miramar, au coin de la Quinta Avenida (la 5e avenue) et de la 14e rue. Il comprend trois bâtiments et six salles thématiques équipées des technologies les plus modernes avec écrans tactiles, hologrammes, projections vidéo, sons d’ambiance et même odeurs de poudre explosive : CIA, Terrorisme d’État, Guerre économique, Guerre médiatique, Manipulation de l’immigration et Notre force est la force du peuple.

L'explosion du cargo La Coubre, le 4 mars 1960.
Photo courtoisie, Jacques Lanctôt
L'explosion du cargo La Coubre, le 4 mars 1960.

Les attaques contre Cuba commencent le 4 mars 1960, à peine quinze mois après le triomphe de la Révolution, avec l’explosion, dans le port de La Havane, du cargo français La Coubre qui transportait un chargement d’armes belges. Cet attentat fit une centaine de morts, dont six marins français, des centaines de blessés et des dégâts estimés à 17 millions de dollars. Curieuse coïncidence, les intellectuels français Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre se trouvaient à Cuba au moment de l’explosion, invités par le jeune gouvernement révolutionnaire, et ils participèrent aux manifestations d’indignation.

Manifestation à la suite de l’explosion du cargo français.
Photo courtoisie, Jacques Lanctôt
Manifestation à la suite de l’explosion du cargo français.

Atmosphère chargée

Dans une de ces salles, on marche sur un plancher de verre sous lequel on a déposé des douilles de balles de différents calibres et autres munitions de guerre. C’est assez impressionnant.

Un plancher en verre impressionnant
Photo courtoisie, Jacques Lanctôt
Un plancher en verre impressionnant

On rappelle l’Operación Peter Pan, entre décembre 1960 et octobre 1962, au cours de laquelle plus de 14 000 enfants furent envoyés à Miami par leurs parents à qui le clergé et la CIA avaient fait croire que Fidel allait les déposséder de leurs enfants et les endoctriner.

Suivit l’Operación Mangosta qui, après l’échec de l’invasion de la baie des Cochons, consistera en actions de sabotage économique, entre 1961 et 1962, et mènera à la Crise des missiles.

On entre dans ces salles comme dans un lieu de culte tant l’atmosphère est chargée de tous ces morts.