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Expédition de 10 000 km : Tout abandonner pour réaliser son rêve

Expédition de 10 000 km : Tout abandonner pour réaliser son rêve
PHOTO COURTOISIE/PAUL BOUCHER

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Un homme originaire de Drummondville veut réaliser un exploit en traversant le Canada de son point le plus à l’est à son point le plus à l’ouest, sans utiliser de moyens de transport motorisés, un défi qui lui a demandé de tout laisser derrière lui.

Au tournant de ses 30 ans, Keven Martel vivait une prise de conscience sur l’atteinte du bonheur. Militaire depuis ses 18 ans et possédant de nombreux biens matériels, il a réalisé qu’il n’était pas épanoui.

« Dans ma vingtaine, c’est pas compliqué, mon objectif c’était de faire de l’argent. Je voulais être riche, raconte-t-il. J’ai été propriétaire de quatre maisons et d’un quadruplex, j’ai eu cinq voitures, trois motos et un VTT. J’avais tout, mais en même temps j’avais rien. »

Un rêve qu’il caressait depuis quelques années a alors refait surface : celui d’accomplir cette expédition. « Je me suis réveillé dans ma vie, j’ai tout vendu ce que j’avais. »

M. Martel participait ce weekend au Salon aventure et plein air de Montréal.

L’expédition

Maintenant âgé de 32 ans, Keven Martel est complètement investi dans son projet de conquête du Canada en solitaire.

Le 1er mai 2019, il quittera le Cap Spear, le point le plus à l’est de l’Amérique du Nord situé sur l’île de Terre-Neuve, en direction du point le plus à l’ouest du Canada : la jonction entre le Yukon, l’Alaska et l’océan Arctique.

Il y mettra les pieds après huit mois à parcourir 10 000 kilomètres à pied, en vélo, en kayak et en ski de fond. Pour pimenter davantage ce défi de taille, il s’est engagé à rester le plus possible au nord du 50e parallèle.

Pour y arriver, il marchera 1200 kilomètres dans la forêt entre l’est de l’Ontario et le milieu du Manitoba, où aucun sentier n’est aménagé. Sur ce segment, il se ravitaillera auprès de sept réserves amérindiennes.

« Je voulais découvrir notre pays, marcher dans des endroits où peut-être personne n’a marché, aller m’enrichir du côté humain en allant rencontrer des peuples autochtones, découvrir un peu plus le nord et sortir des terrains battus. »

En kayak, il traversera le détroit de Belle Isle, reliant Terre-Neuve au Labrador, et longera le sud et la côte ouest de la Baie James. Il traversera les Prairies canadiennes et la route du Labrador à vélo, et skiera entre Inuvik dans les Territoires-du-Nord-Ouest et son point d’arrivée.

Résilience

Pour se préparer à cette expédition, Keven Martel s’entraine en endurance et en résilience. « Quand je vais au gym et j’embarque sur le ‘’stairmaster’’ pour faire des marches. Je n’y vais pas une demie heure. Je fais ça pendant quatre heures », met-il en perspective.

D’ici au départ ultime, il effectuera également des sorties solitaires d’environ un mois en vélo, en kayak et à pied.

Mais, souligne-t-il, une grande part de sa préparation se fait hors du gym. « Tu es tout seul pendant huit mois. Des fois, tu as peur, tu es fatigué, tu es désespéré. Oui, je suis très en forme, mais c’est beaucoup dans la tête que ça se passe une expédition comme ça. »