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Un policier perd son job pour avoir émis 523 tickets illégaux

L'ex policier Sébastien Grenier a reçu sa sentence lundi au Palais de justice de Sherbrooke.
Photo courtoisie, Caroline Lepage L'ex policier Sébastien Grenier a reçu sa sentence lundi au Palais de justice de Sherbrooke.

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SHERBROOKE | Un policier perdra son emploi pour avoir émis illégalement 523 contraventions pour excès de vitesse. Il purgera six mois de détention dans la collectivité.

Sébastien Grenier, qui a travaillé à la SQ pendant une vingtaine d’années, ne pourra plus être policier.

Le juge Gilles Lafrenière n’a pas consenti à lui donner l’absolution conditionnelle qu’il réclamait, après avoir reconnu avoir émis 523 constats d’infraction sans en avoir le droit.

À domicile 24h

M. Grenier a été condamné, lundi au palais de justice de Sherbrooke, à demeurer à son domicile 24 h sur 24 h jusqu’en juillet prochain. Durant les trois mois suivants, il pourra sortir à l’occasion, en respectant des conditions sévères.

Quand il a été transféré au poste autoroutier de l’Estrie, en 2011, Sébastien Grenier a menti à plusieurs reprises à son supérieur, Claude Blouin. Il affirmait avoir réussi la formation pour utiliser le cinémomètre au laser (radar), ce qui n’était pas le cas.

Il était trop honteux d’avouer qu’il ne s’était pas présenté aux perfectionnements parce qu’il craignait de vivre des crises de paniquedevant ses collègues.

Durant sa carrière, l’homme de 45 ans a vécu des épisodes de dépression majeure.

Selon le juge, le policier est conscient de camoufler sa fragilité mentale derrière une image d’homme fort, qui excelle dans les compétitions de powerlifting.

M. Blouin s’était déjà rendu à l’hôpital avec M. Grenier, en crise de larmes.

Abus de confiance

Le tribunal retient qu’il ne souffrait pas de symptômes dépressifs lorsqu’il a utilisé le radar, sans être autorisé à le faire.

« L’accusé a abusé de la confiance de son employeur », a-t-il tranché.

Comme il occupe une fonction d’autorité, le policier devait être au-dessus de tout soupçon de malhonnêteté, a insisté le juge Lafrenière lorsqu’il a prononcé la peine.

L’avocat de M. Grenier, Jacques Lafontaine, envisage porter la décision en appel. Il fait valoir que son client n’était jamais seul lorsqu’il s’est servi du radar et que les constats d’infraction émis étaient bons.

Depuis le début des procédures juridiques, M. Grenier était suspendu de ses fonctions, avec solde.

En vertu de la Loi sur la police, un agent de la paix est destitué dès qu’il a un casier judiciaire. Certains policiers réussissent à être exemptés de ce règlement, à condition de gagner leur cause devant un comité spécial.