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Kinder Morgan: toujours pas de réponse du gouvernement Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau
AFP Le premier ministre Justin Trudeau

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OTTAWA | Alors que l’opposition au pipeline Trans Mountain pourrait mener à une crise constitutionnelle dans l’Ouest du pays, le gouvernement Trudeau n'avait aucune réponse à offrir mardi à l'issue d'une réunion d'urgence du cabinet.

«Le gouvernement est à 100 % derrière ce pipeline», s'est essentiellement contenté de dire le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr. Sans élaborer, il a répété que le fédéral évaluait toutes ses options face à l’obstruction de la Colombie-Britannique, avant de tourner les talons sous prétexte qu’il avait un avion à prendre.

Plusieurs ministres du gouvernement Trudeau ont été convoqués mardi malgré que la Chambre ne siège pas cette semaine. Ils ont quitté le Parlement en toute hâte, fuyant la horde de journalistes en débitant plus ou moins les mêmes lignes.

La veille, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait exhorté le premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique, John Horgan, à cesser son interférence dans ce dossier.

Bien que le projet ait été approuvé par Ottawa, la Colombie-Britannique s’y oppose catégoriquement, tout comme plusieurs militants environnementalistes et communautés autochtones. Face à l’incertitude politique, la firme texane Kinder Morgan a suspendu dimanche tous ses investissements «non-essentiels» dans le plan d’expansion de l’oléoduc, estimé à 7,4 milliards $.

Puisque le gouvernement reste évasif quant à ses intentions, il n’est pas clair s’il pourrait, par exemple, se tourner vers les tribunaux ou priver la province de transferts fédéraux. «Nous ne négocierons pas sur la place publique et nous ne ferons pas de menaces», a déclaré le ministre des Finances, Bill Morneau.

La dispute autour du pipeline a provoqué un affrontement interprovincial entre la Colombie-Britannique et l'Alberta, qui mise sur le projet pour acheminer davantage de pétrole des sables bitumineux vers la côte pacifique.

Tant la classe politique albertaine que l'opposition fédérale ont réclamé une action décisive d'Ottawa dans ce dossier. Les oléoducs transfrontaliers relèvent du fédéral, mais la Colombie-Britannique, qui doit encore délivrer des permis, impose des obstacles juridiques au projet.

Si tout va de l’avant, la capacité du pipeline reliant l’Alberta à la côte britanno-colombienne passera de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour.