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La compassion de Leitão envers les âgés démunis

La compassion de Leitão envers les âgés démunis
Photo Agence QMI, Simon Clark

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La compassion à géométrie variable de Leitão

Ben effrayant les inepties que Carlos Leitão, notre ministre libéral des Finances et ex-banquier, peut nous larguer toujours avec son petit air plein de certitude. Et dans ces cas-là, où sont les journalistes pour lui demander sur quoi il se base pour formuler ses affirmations discutables et pour le « challenger »? On pourrait lui demander pourquoi les politiques du PLQ plaisent toujours au marché et déplaisent au monde ordinaire?

Par exemple, en 2016, lorsqu’il a dit que : « Le salaire minimum actuel (alors à 10, 75 $ l’heure) est suffisant » (Le Soleil, 14 août 2016). On aurait pu lui demander alors de faire le parallèle avec le salaire orgiaque des médecins qui était, selon la logique propre au PLQ, insuffisant et à qui ils viennent d’accorder quelques milliards de plus? Les médecins québécois sont maintenant mieux payés qu’en Ontario, parole de Gaétan Barrette, mais les libéraux ne peuvent augmenter le salaire minimum du Québec au même taux qu’en Ontario parce que notre province est moins riche qu’ils disent?

On voulait couper le minime crédit d’impôt aux retraités

En 2017, pendant que le PLQ se montrait hyper-généreux avec nos bons docteurs, et avec notre argent, il concoctait une odieuse mesure pour hausser l’âge d’admissibilité de 65 ans à 70 ans du petit crédit d’impôt annuel octroyé en raison de l’âge qui peut atteindre 497 $ l’an selon les revenus gagnés. Mesures d’austérité obligent que les ténors libéraux ont dit. Une économie de bout de chandelle misérable réalisée sur le dos de nos retraités vulnérables financièrement alors que leurs mesures de rigueur leur permettaient d’ouvrir les vannes des coffres de l’État aux médecins, aux entreprises subventionnées et à des baisses d’impôt profitant aux cadors. Tout simplement pitoyable.

Mais le plus misérable fut l’argumentaire fourni alors par Carlos Leitão afin de justifier ces coupes, toujours des coupes qui affectent le monde ordinaire. Il a dit sans rire que : « Depuis l’entrée en vigueur du crédit d’impôt en 1972, plusieurs améliorations sont survenues dans la société québécoise, notamment en ce qui concerne la situation socioéconomique et l’état de santé des aînés » (Le Journal de Montréal, 11 février 2017). Mais sur quelle planète vit Leitão pour dire que la situation économique des aînés s’est améliorée à ce point? Ceci est faux et même l’OCDE le confirme. Au contraire, leur situation se détériore. La pression publique fut si forte, pour une fois, que le PLQ a renoncé à cette mesure inéquitable.

Augmenter le CELI à 10 000 $ l’an

Augmentation du salaire des médecins, et en 2015, ce même Carlos Leitão avait fait un autre gros cadeau aux nantis du Québec en augmentant de 5 500 $ à 10 000 $ l’an le plafond annuel des cotisations versées au CELI afin, selon lui, d’être « équitable » et de s’aligner avec la mesure fiscale décrétée par le gouvernement conservateur « progressiste » de Stephen Harper. À ce compte, pourquoi n’aligne-t-il pas notre TVQ, la plus élevée en Amérique du Nord, avec le fédéral et les autres provinces?

Une mesure (CELI) qui aurait coûté des millions de dollars chaque année au gouvernement du Québec et qui est, dans les faits, un transfert ou un crédit d’impôt accordé et versé aux fortunés. Déjà que les riches jouissent au Québec d’une panoplie d’abris fiscaux comme l’incorporation, les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) et d’autres. Mes amis, qui peut dans les faits investir chaque année 26 500 $ dans son REER? Bravo à Justin Trudeau qui a ramené le plafond de la cotisation annuelle du CELI à 5 500 $. Mais l’augmenter à 10 000 $ l’an, le PLQ trouvait ça bon. Comprenez-vous quelque chose à ça?

Les vieux doivent travailler plus longtemps faute d’avoir épargné

Dixit Philippe Couillard : « Crédit d’impôt pour les aînés (que les libéraux avaient coupé) : les personnes âgées doivent travailler plus longtemps » (Le Journal de Montréal, 15 février 2017). Voilà bien le commentaire typique, un autre parmi tant d’autres, que des gens riches totalement ignorants de ce qu’est de vivre avec moins de 30 000 $ par année et de ne pas être en mesure de travailler après 65 ans en raison de leur état de santé précaire résultant de la nature de leur travail antérieur. Et travailler plus longtemps pour ceux qui n’ont malheureusement pas les moyens de s’arrêter et qui devront accepter de travailler bien souvent au salaire minimum. Beau geste de compassion envers nos aînés aux revenus modestes : « La course aux McJobs. Les jeunes subissent la concurrence de leurs aînés dans leur quête d’un “petit emploi” » (Le Devoir, 7 septembre 2013). À sa retraite, verrons-nous Philippe Couillard travailler dans une station-service au salaire minimum afin de se rendre à la fin du mois et de payer le loyer de son demi-sous-sol qu’il devrait partager avec, disons, Carlos Leitão?

La vérité sur la situation financière de nos vieux

Allons au-delà des fabulations et des légendes colportées par nos élus libéraux au Québec, par le patronat, ses organismes de recherche et par certains universitaires asservis. Voyons la dure vérité en face, celle que doivent vivre nos vieux au Québec et au Canada et qui est loin d’être la vie en rose vue à travers les lunettes roses de plusieurs de nos marchands d’illusions.

Tiens, les canons libéraux et ses universitaires préférés oseront-ils contredire la réalité décrite par l’Organisation de coopération de développement économique (OCDE) qui a affirmé que? : « Les aînés canadiens de plus en plus pauvres » (Le Devoir, 27 novembre 2013). Tiens, dans une étude publiée par l’Institut Broadbent, il est dit que : « Le taux de pauvreté augmente chez les aînés » (Le Journal de Montréal, 17 février 2016). Monsieur Leitão, où sont vos supposées améliorations socio-économiques de nos aînés au cours des dernières années?

Ben oui, nos vieux vivent dans l’abondance comme l’a montré ce dossier : « Dans la rue après une vie de labeur. Plutôt que de se diriger vers une retraite paisible, de plus en plus de baby-boomers vieillissants se retrouvent à la rue après avoir perdu leur emploi en toute fin de carrière. Souvent seuls et trop âgés (ou trop maganés) pour trouver du travail, ils dorment dans les missions en attendant d’être assez vieux pour recevoir une pension du gouvernement » (La Presse, 15 décembre 2012). Et dire que les libéraux et les conservateurs trouvaient correct de repousser l’âge éligibilité à 70 ans. Des beaux petits joueurs.

Et deux vites pour terminer : « De plus en plus de baby-boomers à la rue » et « On a au Québec un retraité sur deux qui vit sous le seuil de la pauvreté » (La Presse, 23 septembre 2013 et Le Devoir, 28 avril 2012).

Et, s.v.p., arrêtez donc vos niaiseries infâmes servies à ces personnes affligées afin de les rendre supposément responsables de leur sort en leur disant qu’il aurait fallu qu’ils épargnent plus, qu’ils auraient dû suivre un cours sur la littératie financière et préparer des budgets. En 2009, même l’économiste en chef d’alors de la Banque de Montréal, Sheery Cooper, l’avait dit : « Épargner, l’affaire des riches » (La Presse, 21 septembre 2009). Plus facile épargner quand on gagne 80 000 $ et plus par année que lorsque l’on gagne 30 000 $ et moins, n’est-ce pas?