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La fin des églises

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Fin mars, on apprenait dans La Presse que le diocèse de Saint-Jérôme pense fermer plus de la moitié de ses églises. Il en a actuellement 54. Il pourrait se départir de 33 d’entre elles. Il s’en justifie de la manière la plus simple du monde : la pratique religieuse s’est effondrée en un demi-siècle.

Catholicisme

Plus personne ne fréquente les églises, sauf pour les baptêmes, les mariages et les enterrements. Certes, il y a encore un petit noyau de catholiques pratiquants. Ils sont statistiquement insignifiants et à moins d’un miracle qui n’arrivera évidemment pas, les églises ne se rempliront pas demain matin.

Décision logique des autorités religieuses : on les ferme. On nous présente presque cela comme la seule solution possible. Certains rajoutent même que la vocation de l’Église catholique consiste moins à entretenir de vieux bâtiments construits avec de vieilles pierres que de propager le message du Christ de toutes les manières possible.

Mais une telle décision est peut-être à courte vue. Car une église, quoi qu’en pensent les esprits bêtement prosaïques, n’est pas qu’un tas de pierres.

Dans nos villes comme dans nos villages, l’église a une place centrale : elle incarne physiquement une dimension centrale de notre histoire. Elle représente ce que nous avons été pendant plusieurs siècles. Notre peuple, qui, longtemps, a survécu davantage qu’il n’a vécu, a trouvé dans le catholicisme une source de beauté, de culture et de grandeur.

Histoire

Le catholicisme n’a pas été qu’une gangue étouffante dont il a fallu se libérer. S’il fallait assurément contester le cléricalisme avec la Révolution tranquille, il n’était pas nécessaire de cracher sur notre passé comme on l’a malheureusement fait.

Un peuple peut-il se passer d’un minimum de vie religieuse authentique ? C’est incertain. Le jour où le peuple québécois ne verra plus dans les églises que de vieilles bâtisses sans valeur, pourra-t-il encore comprendre son histoire ?