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Cancer colorectal: la curiethérapie pourrait éviter d'importantes chirurgies

Une radio-oncologue de l'Hôpital général juif de Montréal, la Dre Té Vuong, utilise des traitements de curiethérapie pour s'attaquer au cancer colorectal.
Capture d'écran TVA Nouvelles Une radio-oncologue de l'Hôpital général juif de Montréal, la Dre Té Vuong, utilise des traitements de curiethérapie pour s'attaquer au cancer colorectal.

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Une radio-oncologue de l'Hôpital général juif de Montréal, la Dre Té Vuong, cherche à démontrer que la curiethérapie pourrait éviter plusieurs opérations pour des patients atteints d'un cancer colorectal.

Ce type de cancer, qui offre un taux de survie de seulement 64 % après cinq ans, est diagnostiqué chaque année chez environ 600 Canadiens. De ce nombre, presque le tiers va en mourir.

Pierre Pilote fait partie de ces Canadiens. Au moment de sa rencontre avec TVA Nouvelles, l'homme de 64 ans s'apprêtait à subir son premier traitement de curiethérapie pour faire disparaître une tumeur au stade précoce de 5 centimètres au niveau du rectum.

«Je n'ai jamais été malade de ma vie. C'est assez dur à prendre, mais il faut vivre avec», a-t-il confié.

Plutôt que d'opter pour une chimiothérapie traditionnelle ou une chirurgie, la radio-oncologue va administrer une dose élevée de radiation directement dans la tumeur, en passant par les voies naturelles. Pour ce faire, un applicateur de radiation est positionné sur la tumeur pour délivrer les doses précises calculées par une physicienne et provenant d'un appareil qui utilise une minuscule bille qui se rendra jusqu'à la masse.

«On connecte l'appareil sur l'applicateur et la petite bille va se promener entre les deux pour donner les bonnes doses», a expliqué Dre Vuong.

La durée du traitement est de 10 à 15 minutes et ne nécessite pas plus de quatre séances. En comparaison, la radiothérapie conventionnelle aurait nécessité 25 traitements pendant cinq semaines, avec parfois fois des complications.

Depuis 10 ans, une centaine de patients de plus de 75 ans dont l'état de santé ne permettait pas une intervention chirurgicale ont subi ce traitement jumelé à quelques séances de radiothérapie externe pour traiter les ganglions.

«On s'est rendu compte, avec le recul, que dans 65 à 70 % des cas, la tumeur disparaissait», a affirmé la radio-oncologue.

Depuis un an, Dre Vuong a traité 20 patients dans le cadre de ses recherches. Du nombre, seulement quatre ont dû subir une intervention chirurgicale pour éliminer complètement la tumeur et deux devront vivre en permanence avec un sac à la suite d'une stomie.

Cette procédure a aussi l'avantage d'être économique. Une opération et une hospitalisation peuvent coûter environ 32 000 $, tandis que la curiethérapie sans séjour à l'hôpital coûte entre 10 000 et 12 000 $.

La Dre Vuong veut amasser plus d'un million $ pour poursuivre ses recherches et tente de recruter plus de 200 patients.

C'est à l'Hôpital général juif qu'a été utilisée pour la première fois la curiethérapie pour le cancer colorectal afin d'accélérer les traitements alors que de nombreux patients devaient aller se faire soigner aux États-Unis à la fin des années 90, faute de places au Québec.