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Eddyfi utilisée pour la mission Mars 2020

La PME de Québec assure l’intégrité des pièces

Effyfi participera à la mission Mars 2020. Sur la photo, l'ast
PHOTO COURTOISIE Les analyses des composantes de l’astromobile, à partir des technologies développées par Eddyfi, sont réalisées dans les laboratoires de Team Industrial Services, aux États-Unis.

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Toutes les soudures et les pièces métalliques de l’astromobile qui participera à la mission d’exploration de la planète Mars en 2020 sont passées au peigne fin grâce à une technologie québécoise développée par Eddyfi.

La fusée Atlas V transportant le « rover » qui partira à la découverte de la planète rouge devrait être lancée en juillet 2020 à la station Cape Canaveral, en Floride.

« Nos solutions sont utilisées pour faire l’inspection des soudures et des parois métalliques afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de fissures ni de porosités. Il ne doit pas y avoir de défauts dans l’équipement quand ils vont arriver sur Mars », a expliqué Martin Thériault, PDG d’Eddyfi Technologies.

Habitabilité de l’environnement

Le but de la mission est d’évaluer l’habitabilité de l’environnement. L’engin cherchera des signes de vie martienne ancienne et évaluera les ressources naturelles et les dangers pour les futurs explorateurs humains.

Pour Eddyfi, il s’agit d’une expérience des plus palpitantes puisque la technologie développée par l’entreprise de Québec servira à assurer l’intégrité des composantes entrant dans la fabrication du véhicule.

Pour ce contrat, Eddyfi a fait affaire avec Team Industrial Services, un sous-traitant de la NASA. Les appareils de tests non invasifs ont déjà été livrés au client et sont déployés dans le laboratoire où est construit l’astromobile qui disposera, entre autres, de 23 caméras.

Eddyfi est soutenue par la Caisse de dépôt et placement du Québec qui a investi 36,5 M$ l’an dernier pour favoriser sa croissance.

Outre l’aérospatiale, la PME est présente dans les secteurs de la pétrochimie et de l’énergie. Ses clients sont Spacex, la NASA, Airbus, Siemens, Total, Petrobras et plusieurs autres.

D’ailleurs, chaque fois que la fusée Falcon 9 effectue un retour de l’espace, elle est inspectée en entier par les systèmes d’Eddyfi.

« Les coûts d’une mission sur Mars sont exorbitants. Ce sont des milliards de dollars qui entrent en jeu. C’est sûr qu’on est fiers qu’une technologie 100 % québécoise soit choisie pour faire l’inspection des équipements », a ajouté M. Thériault.

Au Québec pour y rester

Au fil des ans, les propriétaires auraient pu vendre l’entreprise à plusieurs reprises à des intérêts étrangers. Ils sont même allés à l’encontre d’un comité consultatif qui suggérait cette avenue.

Plutôt que de céder, les fondateurs sont allés chercher un partenaire comme la Caisse de dépôt et placement qui les a aidés à réaliser leurs « ambitions planétaires » dans un marché de niche. Leur objectif est d’atteindre les 100 M$ de chiffre d’affaires d’ici 2020.

Depuis 2016, Eddyfi a acheté trois sociétés en Angleterre et, selon M. Thériault, l’annonce d’une nouvelle acquisition pourrait survenir d’ici quelques semaines.

L’entreprise, qui a le vent dans les voiles, s’apprête à inaugurer en juillet prochain son nouveau siège social de 14 M$ dans le parc industriel Michelet, à l’angle des autoroutes Henri-IV et Félix-Leclerc. Le déménagement des unités de travail débutera à la fin mai.

Eddyfi Technologies

  • Employés : 260
  • Chiffre d’affaires : 60 M$
  • Activités à l’international : 95 %
  • Chiffre d’affaires projeté en 2020 : 100 M$
  • Entreprise à 100 % québécoise ayant comme partenaire la Caisse de dépôt et placement du Québec
  • Les fondateurs : Michael Sirois, Florian Hardy et Martin Thériault