/entertainment/movies
Navigation

L’arrogance de Netflix

Une scène du film <i>The Other Side of The Wind</i>.
Photo courtoisie Une scène du film The Other Side of The Wind.

Coup d'oeil sur cet article

On savait depuis longtemps que Netflix se croyait tout permis. On sait maintenant que le géant du streaming est prêt à partir à la guerre quand on tente de lui imposer des règles qui ne lui conviennent pas.

Car c’est en quelque sorte une déclaration de guerre qu’a lancée Netflix au Festival de Cannes, mercredi, en annonçant qu’il n’irait pas présenter ses films sur la Croisette cette année.

Le torchon brûlait depuis déjà quelques semaines entre Cannes et Netflix. On avait tous deviné que Netflix ne serait pas content quand le délégué général du festival, Thierry Frémaux, avait affirmé le mois dernier que les productions de la plateforme de diffusion en ligne ne seraient plus éligibles à la Palme d’or (et seraient par conséquent reléguées aux sections hors compétition) si elles ne bénéficiaient pas d’une sortie en salles sur le territoire français.

En guise de réponse, Netflix a non seulement décidé de boycotter le festival en retirant les films qu’il avait proposés cette année, mais le géant du streaming en a aussi profité pour déplorer « un manque de respect » pour les cinéastes qui les avaient réalisés.

« Nous avons décidé d’être l’avenir du cinéma. Si Cannes choisit de rester dans les pages d’histoire, c’est son problème », a affirmé avec arrogance le chef de contenu de Netflix, Ted Sarandos, au site Variety.

« Un énorme paradoxe »

Cette nouvelle règle mise en place par le Festival de Cannes ne sort pas de nulle part. L’an passé, plusieurs personnes s’étaient offusquées de voir deux films de Netflix se retrouver en compétition pour la Palme d’or.

Le cinéaste Pedro Almodovar, qui présidait le jury, avait ajouté de l’huile sur le feu en disant que ce serait « un énorme paradoxe » pour un festival comme Cannes de récompenser un film qui ne sortirait pas au cinéma. Et il avait bien raison de le souligner.

Ce n’est pas une décision facile qu’a prise le Festival de Cannes. D’abord parce que Netflix avait des titres intéressants à offrir, dont Roma d’Alfonso Cuaron (Gravité), mais surtout The Other Side of The Wind, un film inachevé d’Orson Welles qui a récemment été complété. Mais aussi parce que peu de gens dans le milieu du cinéma ont osé jusqu’à maintenant imposer des conditions au puissant Netflix, qui n’a pas l’habitude de se faire mettre des bâtons dans les roues.

En conférence de presse jeudi matin, Thierry Frémaux a admis que la discussion était encore ouverte avec les dirigeants de la plateforme. Mais souhaitons que le plus grand festival de cinéma au monde continuera de tenir tête à Netflix, pour le bien de l’avenir du cinéma en salles.

Mes choix de la semaine

Au Cinéma : Emprise

Une scène du film <i>The Other Side of The Wind</i>.
Photo courtoisie

Première réalisation des photographes québécois Carlos et Jason Sanchez, ce thriller psychologique sombre et troublant met en scène une relation complexe entre une jeune femme instable et une adolescente désillusionnée. La performance de l’excellente Evan Rachel Wood vaut à elle seule le détour.


SUR VSD ou DVD : Le jeu de Molly

Jessica Chastain livre une interprétation tout en nuances dans ce film formidablement raconté et mis en scène par le réputé scénariste Aaron Sorkin (Le réseau social, The West Wing). L’actrice y incarne une ancienne skieuse professionnelle qui est devenue « la princesse du poker » à Hollywood en gérant un club de poker privé fréquenté par des gens riches et célèbres.


À la télé : Cité de Dieu

Une scène du film <i>The Other Side of The Wind</i>.
Photo courtoisie

Plus de 15 ans après sa sortie, ce film coup-de-poing coréalisé par le cinéaste brésilien Fernando Meirelles et la documentariste Katia Lund demeure toujours aussi percutant. Cité de Dieu relate les parcours d’un jeune Brésilien qui a grandi dans un quartier violent de Rio de Janeiro, de la fin des années 1960 au début des années 1980. Dimanche à 21 h 30 sur les ondes de Télé-Québec.

Le chiffre de la semaine: 541 928 $

Les recettes au box-office du film La Bolduc lors de ses trois premiers jours à l’affiche

La citation de la semaine

« À Cannes, on vient pour voir, et non pour se voir. » – Le délégué général Thierry Frémaux à propos de l’interdiction des selfies sur le tapis rouge de Cannes