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Bombardier avait l'expertise pour construire le train de la Caisse au Québec

Couillard contredit le PDG de la Caisse alors que les wagons seront faits en Inde

Le premier ministre Philippe Couillard a rencontré les travailleurs de Bombardier à La Pocatière tôt hier matin pour les rassurer au sujet des mois à venir.
Photo Collaboration Spéciale, Stéphanie Gendron Le premier ministre Philippe Couillard a rencontré les travailleurs de Bombardier à La Pocatière tôt hier matin pour les rassurer au sujet des mois à venir.

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LA POCATIÈRE  |  L’usine de Bombardier à La Pocatière aurait pu construire le REM, a affirmé le premier ministre Philippe Couillard, contredisant ainsi Michael Sabia, PDG de la Caisse de dépôt qui avait dit qu’aucune usine québécoise n’était suffisamment outillée pour le faire.

Le premier ministre a rencontré les travailleurs de l’usine Bombardier à La Pocatière tôt vendredi matin pour les rassurer sur leur avenir.

La veille, M. Sabia avait affirmé qu’aucune usine au Québec n’était outillée pour construire le Réseau express métropolitain (REM). Les wagons seront assemblés en Inde.

« Est-ce qu’il y a d’autres usines ou d’autres travailleurs qui peuvent le faire ? Bien oui, il y en a. Si ça s’était produit, si le contrat de la Caisse avait été attribué ici, il aurait été fait ici, éventuellement peut-être ailleurs dans le monde, je ne veux pas parler pour la compagnie non plus », a dit le premier ministre Philippe Couillard dans le hall d’entrée de l’usine Bombardier à La Pocatière.

« Est-ce qu’il aurait été possible immédiatement de faire des wagons de REM ? Non, parce qu’il faut adapter les usines, amener l’équipement, préparer la technologie, former le personnel. Je suppose que c’est ce que M. Sabia a voulu dire, mais je ne veux pas parler pour lui », a-t-il ajouté.

Mario Guignard, le représentant des travailleurs à La Pocatière affirme que le contrat aurait pu être fait ici. « Chez Bombardier La Pocatière, on a tout le temps fait des grosses réalisations. Ça m’étonnerait qu’on n’ait pas pu le faire ici. On peut faire à peu près n’importe quoi. »

Chez Bombardier, on est « évidemment surpris de ce genre de commentaire sur la capacité technique des gens de Bombardier au Québec », a dit au Journal le vice-président aux relations externes, Olivier Marcil. « La capacité de Bombardier de livrer au Québec une technologie qui aurait rencontré les caractéristiques demandées par le REM, ça n’a jamais été un enjeu pour nous, a-t-il précisé. On a fait différents types de technologie à La Pocatière depuis des années. Faire des modifications aux chaînes de montage parce qu’il y a un nouveau produit qui arrive, il n’y a rien de neuf là-dedans. »

M. Marcil a toutefois refusé de dire si Bombardier s’était engagée à construire au Québec les voitures du REM dans la soumission à la Caisse.

À l’instar d’Alstom, Bombardier possède des installations de production en Inde.

De l’espoir

Par ailleurs, les travailleurs de Bombardier à La Pocatière s’apprêtent à terminer cet automne la première partie du contrat de renouvellement des voitures Azur du métro de Montréal, entraînant la mise à pied d’au moins 200 travailleurs.

Philippe Couillard est venu les rencontrer et les rassurer. Il leur a dit qu’il n’y avait que deux étapes à franchir avant de confirmer que la suite du contrat de renouvellement des voitures, qui était prévue pour 2036, sera devancée pour leur permettre de continuer de travailler.

« C’est le même contrat qu’on veut continuer avec le consortium Bombardier-Alstom. Les négociations avec la Société des transports (STM) vont très bien. On devrait avoir une issue bientôt favorable », a-t-il dit.

Une loi

Un projet de loi est aussi en rédaction pour éviter des contestations en justice. « C’est ce que les avocats du gouvernement recommandent. Nous allons déposer un projet de loi à l’Assemblée nationale. Il sera déposé une fois l’entente avec la STM conclue. Je suis certain que les partis d’opposition vont vouloir collaborer », a ajouté le premier ministre.

La nouvelle a été bien accueillie par les travailleurs. « Au lieu d’être des mises à pied permanentes, ce seront des mises à pied temporaires. Ces gens-là pourront attendre après Bombardier sans devoir cogner à la porte d’un autre employeur », a indiqué le représentant des travailleurs, Mario Guignard.

L’objectif est de conclure l’entente et d’adopter le projet de loi avant le début de l’été. Il faut prévoir un délai d’au moins 10 à 12 mois avant de commencer, le temps de commander le matériel requis.

– Avec la collaboration de Sylvain Larocque