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Des services dès la rentrée pour les élèves en difficulté

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Des élèves en difficulté n’auront plus à attendre des mois avant d’obtenir un coup de pouce. Québec rendra disponible dès la rentrée le financement qui leur est dédié, une première dans le réseau scolaire, a appris Le Journal.

Ces changements font partie du projet de règles budgétaires 2018-2019, qui sera rendu public sous peu pour consultation, et visent les élèves handicapés ou ayant des troubles graves du comportement.

Jusqu’à l’an dernier, un élève autiste ou dysphasique devait attendre que son diagnostic soit validé par le ministère de l’Éducation avant de recevoir une allocation supplémentaire permettant de lui offrir des services adaptés.

La paperasse était remplie par les intervenants de l’école pendant l’automne et l’argent de Québec arrivait plus tard, souvent au printemps. Un élève pouvait patienter de longs mois avant d’être épaulé par une technicienne en éducation spécialisée ou une orthophoniste.

En novembre, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, avait fait un premier pas vers une réforme du financement des services pour ces élèves en annonçant la fin de la validation des codes par ses fonctionnaires, ce qui a permis aux écoles de recevoir le financement additionnel plus tôt, en décembre.

Moins de paperasse, plus de services

Or, l’an prochain, le ministère de l’Éducation rendra le financement disponible dès la rentrée. Selon nos informations, les sommes supplémentaires seront versées aux commissions scolaires en septembre, basées sur les besoins des trois années précédentes.

L’objectif est d’offrir un «plancher de services» dans chaque école, explique-t-on. Québec veut que les professionnels passent moins de temps à remplir des formulaires pour avoir plus de temps à consacrer aux élèves.

En cours d’année, les fonctionnaires continueront à superviser les dossiers d’élèves, mais par échantillonnage et non de façon systématique. Au besoin, le financement sera ajusté en conséquence.

«On simplifie la gestion»

Pour le professeur d’adaptation scolaire Égide Royer, de l’Université Laval, il s’agit d’une bonne nouvelle. «On simplifie la gestion, ça va dans le sens du monde.»

Égide Royer, <i>professeur</i>
Photo d'archives, Annie T. Roussel
Égide Royer, professeur

Ce dernier prône toutefois une réforme plus profonde du financement des services aux élèves en difficulté, qui ne reposerait plus du tout sur des diagnostics, mais sur les besoins des élèves. «Il faut aller plus loin que ça», affirme-t-il.

Le réseau scolaire compte environ 200 000 élèves en difficulté, dont 42 000 qui sont directement touchés par ces changements.