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Je me souviens... des défusions à moitié

Villes défusionnées
Ville de Montréal Depuis les défusions municipales, la ville de Montréal-Est est enclavée dans Montréal.

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Afin de marquer les 15 ans de l'élection des Libéraux et de Jean Charest, les auteurs et autrices du blogue Cité Métropole soulignent les bons et mauvais coups du PLQ durant cette période.

  • Pour consulter notre dossier «15 ans de libéraux», cliquez ici.

Le pire coup: des problèmes d’éthique au non-suivi des recommandations de la Commission Bouchard-Taylor en passant par la gestion chaotique de la crise étudiante de 2012, on a l’embarras du choix lorsque vient le temps de sélectionner le moins bon coup des Libéraux dans la métropole au cours des 15 dernières années. Néanmoins, il ne fait aucun doute dans mon esprit que les défusions municipales remportent la palme.

Profitant de la grogne, parfois justifiée, des citoyens des anciennes villes fusionnées sous la gouverne du PQ, les Libéraux de Jean Charest ont fait des défusions une des promesses clé de l’élection qui les a portés au pouvoir. À Montréal, de nombreuses municipalités, comme Mont-Royal et Westmount, ont donc retrouvé leur statut de municipalité indépendantes... ou presque. En effet, les municipalités défusionnées ont été forcées d’intégrer des conseils d’agglomérations où ils sont politiquement minoritaires, privant ainsi les défusionnistes de l’indépendance politique auxquels ils aspiraient. Les disputes entre la Ville de Montréal et les villes défusionnées sont depuis monnaie courante, notamment lors des budgets annuels, et doivent parfois se régler devant les tribunaux.

Pendant ce temps, dans les municipalités qui n’ont pas défusionné, comme Sherbrooke, les guerres de clocher et les inquiétudes des citoyens se sont tranquillement apaisées, et les fusions sont aujourd’hui relativement bien acceptée. Gageons que peu de citoyens de ses anciennes villes fusionnées sont envieux du chaos qu’est la gouvernance de la métropole...

Le meilleur coup: les Libéraux n’ont certes pas été des champions de l’éthique lors de leurs quinze années au pouvoir, mais reconnaissons au moins que l’adoption de la Loi sur l’éthique et la déontologie en matière municipale, en 2010,  était des plus nécessaires. Le projet de loi exige notamment que les municipalités adoptent un code d’éthique pour les élus et les employés municipaux.

Un code d’éthique ne règle évidemment pas tous les maux, mais on a tendance à oublier qu’une partie significative des employés et élus municipaux qui avaient des comportements éthiquement douteux dans les années 2000 n’avaient tout simplement jamais réfléchi à ce genre de questions. Bien sûr qu’ils acceptaient des billets de spectacles des entreprises avec lesquelles ils faisaient affaires : tout le monde le faisait, et ça avait toujours été comme ça! L’adoption de cette loi a à tout le moins permis de rendre l’excuse de l’ignorance beaucoup moins crédible.