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Une monnaie locale pour Montréal: se réapproprier l’économie

Une monnaie locale pour Montréal: se réapproprier l’économie
Courtoisie

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Un système de transaction qui permet la consommation responsable et qui contourne les normes de l’économie fédérale. Ça semble trop beau pour être vrai? Pourtant, c’est ce que les monnaies locales complémentaires (MLC) tentent de faire depuis quelques années.

Acheter son pain chez le voisin

En 2016, l’organisme à but non lucratif (OBNL) Une monnaie pour Montréal déploie une stratégie pour élaborer sa propre monnaie.

«On trouvait que les enjeux économiques n’étaient pas assez abordés dans les discussions d’initiatives citoyennes donc on a mijoté sur le concept», explique Kevin Guezennec, vice-président de l’association.

Le bénévole dénote deux motivations principales derrière l’idée: «On voulait amener les citoyens à réfléchir sur le rôle de la monnaie fédérale dans les échanges commerciaux et les sensibiliser au commerce de proximité».

Deux ans plus tard, l’Îlot est mis sur pied.

La monnaie virtuelle est dorénavant accessible sur le site d’Îlot Montréal.

La valeur est de un dollar pour un îlot. Une fois la conversion dollar-îlot effectuée, le particulier ne peut échanger son îlot en argent canadien.

Pour le commerçant, il est possible de le faire, mais il devra assumer des coûts équivalant à 4% «pour faire face aux différents frais de fonctionnement».

Par ailleurs, les usagers ne peuvent payer qu’en utilisant un appareil électronique, comme un ordinateur, une tablette ou un téléphone intelligent.

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Miser sur sa ville

Le projet pilote compte sur l’appui de 300 membres, soit 270 commerces et 30 particuliers, dans sa phase d’essai comprise entre le 31 mars et le 31 août 2018.

Pour le moment, trois entreprises font partie de l’initiative. Une dizaine d’autres seraient prêts à adhérer. Selon Kevin Guezennec, «ça ne se fera pas tout de suite parce que ça prend un certain temps pour les accompagner dans le processus d’intégration et fournir une formation adéquate».

Ruth Stewart, propriétaire de la Librairie du Vieux Bouc n’a pas hésité à embarquer dans le bateau. «Ils m’ont contacté il y a quelques mois et j’ai dit let’s go». 

Pour la commerçante, l’Îlot répond à un besoin grandissant. «Les modes de consommation changent partout et il faut trouver d’autres moyens pour faire vivre les petits arrondissements sans les enfermer dans un système fait pour les grosses entreprises».

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Éventuellement, Kevin espère que le projet sera porté par les citoyens et qu’une implication minimale de l’ONBL sera requise. «On va miser sur des relais locaux pour faire la promotion de notre plateforme et seulement fournir un soutien aux établissements et particuliers si nécessaire».

Quel est le but ultime de tout ça? Permettre aux Montréalais de payer leurs impôts en îlots. «On l’a déjà vu ailleurs donc oui, c’est possible», assure le vice-président.

«Ça serait une belle façon de démontrer une véritable ouverture dans le sens de la consommation responsable de la part de la ville ou du gouvernement». 

De Gaspé à Athènes

L’Îlot est loin d’être la seule monnaie locale à avoir vu le jour dans les dernières années.

Au Québec, il y en aurait plus d’une dizaine en conception à l’heure actuelle.

L’une des plus populaires et des plus anciennes, le Demi, est maintenant utilisée dans plusieurs commerces en Gaspésie.

Les habitants de la région ont eu l’idée de couper des billets d’argent canadien en deux et de s’échanger ces devises contre des produits et de services.

L’affaire a fait du bruit en 2016 et les instigateurs du projet ont même donné des conférences à travers la province pour promouvoir leur vision.

De l’autre côté de l’Atlantique, la monnaie complémentaire a même sauvé des vies.

En 2012, des citoyens de la ville de Vólos en Grèce ont instauré le TEM, pour faire du troc et éviter la famine pendant la crise économique qui les affligeait.

Peu de temps après sa création, la mairie de la ville permettait à ses citadins de payer leurs impôts locaux en TEM!

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