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Des Québécois moins riches

Jean Charest en Abitibi-Témiscamingue en 2012
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI Jean Charest en Abitibi-Témiscamingue en 2012

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Le règne des libéraux a-t-il permis aux Québécois de s’enrichir ? Non, si l’on se fie à l’indicateur du « revenu disponible », lequel indicateur représente le revenu à la disposition des particuliers après impôts et cotisations sociales... de tout acabit.

  • Pour consulter notre dossier «15 ans de libéraux», cliquez ici

Lorsque Jean Charest a pris le pouvoir en avril 2003, le Québec arrivait au chapitre du revenu disponible par habitant au 4e rang sur les 10 provinces canadiennes. Il n’était devancé que par l’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Ontario.

À la fin du gouvernement Charest, en 2012, les Québécois avaient pris une sérieuse débarque avec leur « revenu disponible » alors qu’ils se retrouvaient au 9e rang. On dépassait seulement l’Île-du-Prince-Édouard.

La situation du « revenu disponible » est restée au beau fixe lors des 18 mois de pouvoir du gouvernement péquiste de Pauline Marois.

DÉTÉRIORATION

Puis sous l’actuel gouvernement libéral de Philippe Couillard, la situation a continué de se détériorer au point où le Québec arrive maintenant à la queue des 10 provinces canadiennes.

Des 10 provinces et 3 territoires, c’est d’ailleurs le Québec qui affiche depuis 2003 la plus faible augmentation (en dollars courants) du revenu disponible par habitant. Selon la plus récente estimation de Statistique Québec, le Québec a vu son « revenu disponible » atteindre les 27 723 $ à la fin de 2016, soit une hausse de 8765 $ depuis 2003.

Toutes les autres provinces et les territoires ont affiché des augmentations de revenu disponible de 10 000 $ et plus.

Au chapitre des écarts de revenu disponible par habitant, le Québec accuse actuellement un recul de 4370 $ par rapport à l’Ontario, une différence de 4994 $ avec la Saskatchewan, un écart de 6672 $ avec la Colombie-Britannique... et un autre de 9994 $ avec l’Alberta.

AUTRES RETARDS

Au chapitre de la rémunération moyenne hebdomadaire, le Québec accuse un retard sur la moyenne canadienne. Alors qu’elle s’élève à 903 $ au Québec, la rémunération atteint les 975 $ au pays.

L’écart entre le Québec et le Canada s’est même creusé. De 34,34 $ qu’il était en 2003, l’écart de rémunération hebdomadaire atteint aujourd’hui 72,80 $.

Au niveau du PIB au marché, la croissance depuis 2003 atteint les 52,4 % au Québec, comparativement à une croissance de 71,5 % au Canada. C’est un écart considérable de 19 points de pourcentage.

Concernant la dette provinciale nette par habitant, on n’a pas amélioré notre sort. De la 3e plus grosse dette par habitant (12 543 $) en 2003, on est maintenant rendue à la 2e plus importante au pays avec un montant de 22 256 $. On n’est devancé que par Terre-Neuve-et-Labrador.

MAIS PLUS DE TRAVAIL

Là où le Québec a réussi à s’améliorer, c’est au niveau du marché du travail.

Le taux de chômage est passé de 9,1 % en 2003 à 5,6 % à la fin de mars 2018.

En 2003, le Québec occupait le 7e rang. Aujourd’hui, on affiche le 3e plus faible taux de chômage au pays.

Pendant ces mêmes années, l’Ontario a vu son taux de chômage reculer de 6,9 % (2003) à 5,5 % cette année.

Et pour l’ensemble du Canada, on parle également d’une amélioration inférieure à celle du Québec, le taux ayant diminué de 7,6 % à 5,8 %.

MOINS D’ASSISTANCE SOCIALE

Lors de son arrivée au pouvoir en 2003, le gouvernement de Jean Charest avait alloué un montant de 4,3 milliards de dollars au portefeuille « Travail, Emploi et Solidarité sociale », lequel montant a pour but d’aider financièrement les moins nantis de la société québécoise.

Quinze années plus tard, soit au cours de l’actuel exercice financier 2018-19, le gouvernement Couillard entend consacrer dans ce portefeuille une somme identique de 4,3 milliards.

Compte tenu de l’inflation de 25 %, les 4,3 milliards de 2003 valent aujourd’hui 5,4 milliards.

Question : est-ce à dire que le gouvernement de Philippe Couillard est plus chiche que celui de Jean Charest envers les plus démunis du Québec ?

Non ! C’est le nombre de prestataires d’aide de dernier recours qui a baissé depuis 2003.