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Donner d'une main, reprendre de l'autre

Donner d'une main, reprendre de l'autre
Dominick Gravel/Agence QMI

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Afin de marquer les 15 ans de l'élection des Libéraux et de Jean Charest, les auteurs et autrices du blogue Cité Métropole soulignent les bons et mauvais coups du PLQ durant cette période.

  • Pour consulter notre dossier «15 ans de libéraux», cliquez ici.

Après quinze années presque ininterrompues de gouvernement du PLQ, on peut se demander quelle marque ce parti a laissé sur Montréal. L'Île de Montréal est le fief du PLQ, une majorité de ses sièges les plus sûrs s'y trouvent. Pourtant le parti a une relation difficile face à l'autonomie de la Ville, à laquelle il donne parfois plus de latitude et à laquelle il impose parfois ses projets.

Bon coup : l’entente « Réflexe Montréal »

L’entente vise à transférer à Montréal les budgets et la mise en œuvre de divers programmes provinciaux. Québec reste maître des montants, ce qui lui laisse évidemment beaucoup de contrôle, mais l’entente constitue un très grand pas vers le fait de reconnaître que Montréal est réellement un gouvernement. Quand la Ville gère elle-même les politiques de développement économique ou de logement, elle fait de vrais choix de distribution des ressources publiques. Les partis peuvent offrir des visions vraiment contrastées de ce qu’ils proposent à la population. On s’éloigne de la Ville comme bête fournisseur de services publics comme la voirie et le ramassage des poubelles qui poussent les partis à ne débattre que de leurs capacités de gestion, comme si on choisissait un PDG pour la diriger. 

Mauvais coup : le Réseau Express Métropolitain

À ce jour, personne n’a encore avancé une justification à savoir pourquoi on devrait construire un réseau de transport collectif en partenariat avec un régime de retraite. On nous dit que c’est un partenariat public-public. C’est un trompe-l’œil. On doit payer un taux d’intérêt largement plus élevé à la Caisse de dépôt et placement que celui des emprunts du Gouvernement du Québec pour ce projet. Le fait que l’on verse ces intérêts à notre propre bas de laine ne change rien à l’absurdité de la situation. Payer trop cher pour nos transports en commun pour avoir une meilleure retraite n’a rien d’une idée géniale. Sans compter que la Caisse a structuré le projet pour pouvoir vendre le réseau et en faire un vrai partenariat public-privé.

Ces deux éléments illustre bien cette contradiction entre le fait de vouloir donner plus de latitude à Montréal pour qu'elle se développe et sur le fait de garder le contrôle sur l'agenda politique de la plus grande ville de la province. La proposition de « Grand déblocage » du PQ ou les débats entre libéraux et conservateurs fédéraux sur le péage sur le pont Champlain montrent bien comment tous les gouvernements veulent avoir leur mot à dire sur ce qui se passe à Montréal. Il sera intéressant de voir si la plus grande autonomie accordée à Montréal par l'entente « Réflexe Montréal » pourra se maintenir alors que la Ville n'est plus dirigée par les alliés municipaux des libéraux. J'ai aussi bien hâte de voir ce que va nous coûter le REM à moyen terme, surtout si l'achalandage diffère des prévisions de la Caisse.

Ces deux initiatives ont été mises en place sous Philippe Couillard et pas Jean Charest, mais je crois que dans 10 ans, si les libéraux ne sont pas encore au pouvoir, c’est ce que l’on retiendra de leur passage au gouvernement du début du millénaire.