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Syrie: Trump salue une frappe «parfaitement exécutée», Washington «prêt à dégainer» à nouveau

Syrie: Trump salue une frappe «parfaitement exécutée», Washington «prêt à dégainer» à nouveau
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Washington | Le «résultat» des frappes menées dans la nuit par les États-Unis avec la France et le Royaume-Uni contre le régime syrien «n’aurait pu être meilleur», s’est félicité samedi matin Donald Trump.

«Mission accomplie!», a lancé sur Twitter le président américain, saluant une frappe «parfaitement exécutée» et remerciant les alliés français et britannique «pour leur sagesse et la puissance de leur excellente armée».

«Nous avons frappé avec succès»

Les États-Unis ont affirmé samedi avoir «frappé avec succès» toutes les cibles syriennes prévues par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, en représailles à l’emploi présumé d’armes chimiques par le régime de Damas contre son peuple.

«Nous ne cherchons pas à intervenir dans le conflit en Syrie, mais nous ne pouvons permettre de telles violations des lois internationales», a déclaré une porte-parole du Pentagone, Dana White, au cours d’une conférence de presse.

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«Nous avons frappé avec succès chaque cible», a-t-elle ajouté.

Les frappes occidentales contre le régime syrien, «précises, importantes et efficaces», ont porté un tel coup au programme chimique syrien qu’il «mettra des années à s’en remettre», a pour sa part affirmé un haut responsable du Pentagone, le général Kenneth McKenzie.

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Les défenses anti-aériennes russes n’ont pas été activées et celles du régime syrien ne l’ont été qu’après la fin des frappes, a ajouté le général McKenzie au cours d’une conférence de presse.

«Aucun des avions ou missiles utilisés pendant cette opération, n’a été atteint par la défense anti-aérienne syrienne», a-t-il déclaré, notant qu’en envoyant des missiles non-guidés après les frappes, le régime syrien a pris le risque de faire des victimes civiles.

«Nous n’avons aucune indication que la défense anti-aérienne russe ait été utilisée», a-t-il précisé.

«Prêts à dégainer» à nouveau

Les États-Unis sont «prêts à dégainer» à nouveau en cas de nouvelle attaque chimique en Syrie, a assuré samedi au Conseil de sécurité l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Nikki Haley
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Nikki Haley

 

La diplomate a réaffirmé que les États-Unis étaient dans leur droit pour mener des attaques aériennes en Syrie, justifiant l’intervention armée occidentale survenue tôt samedi contre des installations chimiques syriennes.

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Chlore et gaz sarin utilisés

Les États-Unis pensent que du chlore, mais aussi du gaz sarin ont été utilisés par le régime syrien au cours de l’attaque chimique qu’ils lui imputent, le 7 avril à Douma près de Damas, a déclaré samedi une responsable de l’administration américaine.

«Alors que les informations disponibles sont plus claires sur le recours au chlore, nous avons aussi des informations significatives qui font état également d’un usage de sarin», a-t-elle dit à la presse sous couvert de l’anonymat, évoquant notamment les symptômes rapportés par plusieurs sources.

Le gaz sarin est un agent neurotoxique plus puissant, déjà utilisé il y a un an à Khan Cheikhoun lors d’une attaque qui avait également provoqué des représailles américaines.

«Des années» à se remettre

Les frappes occidentales menées samedi contre le régime de Damas ont porté un tel coup au programme chimique syrien qu’il «mettra des années à s’en remettre», a affirmé samedi un haut responsable du Pentagone, le général Kenneth McKenzie.

Les défenses anti-aériennes russes n’ont pas été activées et celles du régime syrien ne l’ont été qu’après la fin des frappes, a ajouté le général McKenzie au cours d’une conférence de presse.

 

Moscou dénonce

Vladimir Poutine a dénoncé samedi les frappes occidentales sur le régime de son allié, Bachar al-Assad, les militaires russes se félicitant, eux, de l’efficacité de la défense antiaérienne syrienne qu’ils ont grandement contribué à former.

«La Russie dénonce avec la plus grande fermeté l’attaque sur la Syrie, où des militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le terrorisme», a déclaré le président russe dans un communiqué diffusé par le Kremlin.

Pence défend les frappes face aux dirigeants du continent américain

Le vice-président Mike Pence défendra samedi les frappes américaines en Syrie face aux dirigeants d’une quinzaine de pays réunis au Sommet des Amériques à Lima. Représentant Donald Trump, qui a renoncé à aller à Lima pour superviser la crise syrienne, Mike Pence doit s’exprimer vers 13h lors de la session plénière du Sommet.

Mike Pence et Justin Trudeau à Lima.
Photo AFP
Mike Pence et Justin Trudeau à Lima.

 

Il y évoquera les frappes en Syrie, ainsi que lors d’entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants de la région, dont Enrique PeÒa Nieto (Mexique), Juan Manuel Santos (Colombie) et Mauricio Macri (Argentine), a indiqué à la presse son chef de cabinet adjoint, Jarrod Agen.

Ces frappes sont loin de faire l’unanimité en Amérique latine, où le président bolivien Evo Morales (présent à Lima) a dit « condamner énergiquement l’attaque irréfléchie de Trump contre le peuple frère de Syrie », tandis que Cuba a estimé que cette « attaque atroce » « constitue une violation d’un État souverain, qui aggrave le conflit dans le pays et la région ».

«Une bonne opération publique», estime un expert

Les frappes aériennes réalisées en Syrie par les États-Unis avec le Royaume-Uni et la France sont une bonne opération publique, croit un ancien officier canadien du renseignement militaire.

Capitaine à la retraite des Forces armées canadiennes et ancien officier du renseignement militaire, Simon Leduc doute de l’efficacité des frappes de vendredi soir.

 

«C’est une bonne opération publique, une opération de marketing, mais au niveau militaire, est-ce que les capacités du régime Assad viennent de réduire? Non, a-t-il soutenu. Peut-être leur stock aérien, mais les Russes ont déjà dit qu’ils allaient les renflouer.»

Chroniqueuse spécialisée en politique américaine, Valérie Beaudoin abonde dans le même sens. «C’est une opération de charme pour justifier la frappe, a-t-elle expliqué. Oui, on a voulu viser certains points chauds et sensibles, mais [ils peuvent] refabriquer des bombes et des armes chimiques.»

Selon cette dernière, l’idée est peut-être d’envoyer un message. «C’est peut-être pour rouvrir un dialogue, forcer la main de la Russie», a-t-elle dit.

Les États-Unis et ses alliés ont lancé une opération militaire contre le régime syrien de Bachar al-Assad, qu’ils accusent d'avoir perpétré une attaque chimique la semaine dernière dans la Ghouta orientale, en Syrie.