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L’industrie québécoise de la pêche blanche est en péril

L’interdiction d’utiliser des appâts vivants nuit aux pourvoiries et aux commerces

La nouvelle réglementation qui prohibe l’utilisation d’appâts vivants pour la pêche blanche au Québec afin de protéger les cours d’eau des espèces envahissantes affecte les entreprises liées à cette activité, selon de nombreux acteurs dans le domaine. La commerçante de Sainte-Eustache Annick Sabetta a vu son chiffre d’affaires grandement diminuer cet hiver.
Photo Collaboration spéciale, Dave Parent La nouvelle réglementation qui prohibe l’utilisation d’appâts vivants pour la pêche blanche au Québec afin de protéger les cours d’eau des espèces envahissantes affecte les entreprises liées à cette activité, selon de nombreux acteurs dans le domaine. La commerçante de Sainte-Eustache Annick Sabetta a vu son chiffre d’affaires grandement diminuer cet hiver.

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L’interdiction d’utiliser des appâts vivants pour la pêche blanche a fait fondre les profits des pourvoiries et magasins de pêche qui lancent maintenant un cri du cœur pour leur survie.

« Le gouvernement disait que ça n’allait rien changer, d’interdire le mené vivant, mais moi, j’ai perdu 70 % de mes revenus cet hiver. Là, je vous le dis, que maintenant on vit d’amour et d’eau fraîche », a expliqué à l’Agence QMI Annick Sabetta, propriétaire d’un commerce de pêche situé à Saint-Eustache.

Depuis cet hiver, le recours aux appâts vivants, comme les menés, est interdit au Québec, parce que le gouvernement Couillard craint qu’ils contribuent à la prolifération des espèces envahissantes et des organismes pathogènes.

Or, les entreprises liées à la pêche blanche avec qui l’Agence QMI s’est entretenue sont unanimes : le sport est sur le point de mourir au Québec depuis cette interdiction, parce qu’utiliser un appât mort ou artificiel est beaucoup moins efficace.

Mme Sabetta juge pourtant que les risques liés à la prolifération des espèces envahissantes pourraient être facilement limités, voire éradiqués, par un contrôle plus serré des fournisseurs d’appâts.

« On délivre des permis de pêche de menés à n’importe qui, sans même s’assurer que les gens connaissent le métier. Pour une couple de pommes pourries, c’est toute l’industrie qui paie », déplore Mme Sabetta.

Deux provinces, deux législations

Jacques Vadeboncoeur, propriétaire de la Pourvoirie des sportifs, en Outaouais, déplore le fait que deux législations existent pour le même cours d’eau, soit la rivière des Outaouais.

« En Ontario, ils ont le droit d’utiliser un appât vivant, même si c’est la même eau, la même roche, le même sable », dénonce M. Vadeboncoeur.

« On n’est même pas à un kilomètre. On voit même leurs cabanes ! » a-t-il ajouté.

Le pêcheur sait d’ailleurs que certains sportifs préfèrent se rendre de l’autre côté de la frontière provinciale pour pratiquer leur sport. D’autres ont simplement abandonné la pratique de l’activité.

« Moi, personnellement, je vais vendre mes cabanes. Ça donne rien de continuer un autre quatre ans parce que je l’ai vu, le déclin », a-t-il ajouté.

Certifier les producteurs

Pour le député péquiste Sylvain Roy, il est évident que le gouvernement a opté pour la solution facile au lieu d’essayer de résoudre le problème avec les gens du milieu.

Selon lui, il faut certifier l’expertise des producteurs de poissons-appâts et donner des amendes extrêmement salées à ceux qui ne respectent pas la loi.

« Interdire l’utilisation du poisson-appât vivant de manière systématique, ce n’était pas la solution. On a tué l’industrie, point à la ligne », a-t-il dit.

« Le gouvernement Couillard a consulté les acteurs, mais on ne les a pas écoutés », a-t-il ajouté.