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La Russie craint un chaos

Le bombardement occidental en Syrie divise la communauté internationale.

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De futures attaques occidentales en Syrie entraîneraient « inévitablement le chaos » au sein de la communauté internationale, prévient le président russe Vladimir Poutine, deux jours après les représailles conjointes des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni.

La poussière est à peine retombée sur les trois sites frappés par une centaine de missiles occidentaux, dans la nuit du 13 au 14 avril, que les tractations diplomatiques se succèdent.

Vladimir Poutine, à droite, et Hassan Rohani, en août 2016.
AFP
Vladimir Poutine, à droite, et Hassan Rohani, en août 2016.

Moscou, allié indéfectible du régime syrien, a qualifié d’« action illégale » la frappe militaire. Le président de la Syrie Bachar al-Assad est allé plus loin, accusant l’Occident de mener une campagne de « mensonges et de tromperie ». Selon lui, son régime et la Russie mènent « une seule et même bataille, non seulement contre le terrorisme, mais aussi pour protéger le droit international fondé sur le respect de la souveraineté des États ».

Manifestations

Des milliers de manifestants ont d’ailleurs protesté dans plusieurs villes en Irak, dimanche. « Cessez de détruire la Syrie comme vous avez détruit notre pays », a scandé une foule réunie à Bagdad, alors que des drapeaux américains étaient brûlés et des portraits de Donald Trump barrés d’une croix étaient brandis.

Les discussions sont au point fixe au conseil de sécurité de l’ONU, qui s’est réuni d’urgence samedi matin, quelques heures après le bombardement occidental. Une proposition russe visant à condamner cette « agression a été rejetée par plus de la moitié des 15 membres du conseil de sécurité, dont les trois pays instigateurs de la frappe.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont conjointement soumis un projet de résolution pour la Syrie, qui sera discuté lundi, et qui comprend notamment la création d’un nouveau mécanisme d’enquête sur l’emploi d’armes chimiques.

Néanmoins, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a annoncé que les États-Unis prendront lundi « des sanctions » à l’égard de la Russie, pointée du doigt pour son soutien envers le régime syrien.

Enquête indépendante

Les doutes persistent à l’international sur l’identité de l’auteur de l’attaque aux armes chimiques du 7 avril, à Douma, dans la Ghouta orientale, à la source de la riposte occidentale. Le régime syrien figure au banc des accusés, mais celui-ci se défend d’avoir agi en ce sens.

Une enquête indépendante de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a débuté dimanche, à Damas, pour faire la lumière sur l’attaque. Cette organisation internationale a pour mission de veiller à l’application de la Convention internationale sur les armes chimiques. Si elle a le mandat de juger si des armes chimiques ont bel et bien été utilisées, elle n’a cependant pas celui de pointer du doigt son auteur.

La guerre civile déchire la Syrie depuis 2011, alors que plus de 350 000 personnes auraient perdu la vie, et plus de cinq millions ont fui le pays.

Des cibles pulvérisées

La frappe militaire en Syrie visait trois sites qui ont été complètement anéantis, comme l’illustrent ces photos (à gauche) rendues publiques par le département de la Défense des États-Unis dimanche.

Des trois cibles, la plus importante est le Centre d’études et de recherches scientifiques, situé à Barzeh, en banlieue de Damas, considéré par le Pentagone comme « le cœur du programme syrien d’armes chimiques ».

Il comprenait trois bâtiments distincts, qui ne sont maintenant « que des décombres », selon Washington. Un scientifique qui y travaillait a assuré à l’Agence France-Presse qu’il s’agissait plutôt d’un centre de recherche pharmaceutique.

Les deux autres cibles sont des entrepôts où le régime entassait des armes chimiques, selon les renseignements occidentaux. Ils se trouvent à Him Shinshar, à environ 140 km au nord de Douma.

Le général américain Joseph E. Dunford Jr. a affirmé que l’un des sites était le principal emplacement où était rangé le gaz sarin et l’équipement pour le fabriquer. L’autre entrepôt aurait également servi d’« important poste de commande », selon le général.

Centre de recherches scientifiques de Barzeh

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Entrepôt d’armes chimiques à Him Shinshar

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Autre entrepôt d’armes chimiques à Him Shinshar

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