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Une ville a cinq maisons à donner

Saint-Joseph-du-Lac offre une dernière chance avant qu’elles ne soient démolies par leurs propriétaires

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Une municipalité des Laurentides tente de donner cinq maisons, dont les propriétaires ne veulent plus, à quiconque voudra les démonter pour les transporter ailleurs.

Dans un effort de conservation du patrimoine, Saint-Joseph-du-Lac espère éviter qu’elles soient démolies.

« On aurait souhaité que les propriétaires les rénovent, mais ça ne s’est pas fait, alors avant de leur donner la permission de démolir, on tente de les donner », explique Benoît Proulx, maire de cette municipalité des Laurentides située près de Saint-Eustache.

« Idéalement, ce serait bien que ces maisons soient replacées à Saint-Joseph-du-Lac ou encore dans la MRC Deux-Montagnes, mais on les laissera partir loin d’ici s’il le faut. Elles ont une certaine valeur patrimoniale, alors notre objectif est de les sauver. »

Pressés

Deux de ces maisons devront trouver preneurs avant le 1er mai prochain, autrement elles seront démolies.

« La Maison à Juliette » est l’une d’entre elles. « On l’appelle comme ça parce que c’est ma cousine Juliette qui a été la dernière à l’habiter. Depuis sa mort, il y a 10 ans, la maison est vide », dit Denis Laflèche, propriétaire.

Celui-ci a vécu dans la petite maison blanche aux boiseries rouges avec ses huit frères et sœurs lorsqu’il était petit. Quatre générations de pomiculteurs de sa famille s’y sont succédé. Mais il ne souhaite pas la rénover.

« Ce serait très cher et la Ville n’accorde que 20 000 $ de subvention », explique sa conjointe Carole Filiatrault.

De son côté, Gervais Labelle souhaite faire démolir la maison ancienne qui se trouve sur sa terre, inhabitée depuis 15 ans, afin de pouvoir en construire une neuve.

« Ça fait 25 ans que je demande de la faire démolir. Promenez-vous dans le coin et vous allez en voir plein, des maisons inhabitées comme celle-là. On est plusieurs propriétaires à être dans la même situation », dit Gervais Labelle.

Sans valeur ?

À ses yeux, la petite maison en papier brique au toit de tôle, qui date de 1875, n’a plus aucune valeur. Pourtant, la municipalité, qui a mis en place un comité consultatif d’urbanisme, n’est pas du même avis.

Michel Martel, qui restaure des maisons anciennes, a l’habitude de démonter des maisons pour les transporter ailleurs. « Dans le cas de ces maisons, beaucoup de matériaux iront à la scrap, mais certains pourront être récupérés. Il y a parfois des matériaux d’époque enfouis sous sept ou huit couches de travaux faits par les générations qui se sont succédé », explique-t-il.

Puisque ces maisons ne sont pas classées patrimoniales par le gouvernement, leur restauration ne sera pas assujettie à des normes strictes, explique Michel Martel.

La municipalité entend toutefois donner priorité aux acquéreurs dont le projet respectera le plus possible le caractère historique des maisons.