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Trudeau se veut rassurant sur le libre-échange avec l’Europe

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PARIS | Malgré une certaine opposition des deux côtés de l’Atlantique, le premier ministre du Canada a défendu lundi le traité de libre-échange avec l’Europe à l’issue d’une réunion avec le président de la France à Paris.

«Il y a une inquiétude que la croissance économique [...] n’est pas sentie par tout le monde», a reconnu d’emblée Justin Trudeau en conférence de presse aux côtés du président Emmanuel Macron.

Or, l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG) est une entente «progressiste qui reflète nos valeurs partagées et représente un nouveau standard pour tous les accords commerciaux à l’avenir», a insisté M. Trudeau, évoquant une croissance inclusive, la protection de l’environnement et la liberté d’expression.

Bien qu’il soit déjà mis en œuvre de manière provisoire, l’AECG n’est pas encore ratifié par chacune des 43 assemblées européennes. Le premier ministre canadien a dit s’attendre à du «leadership» de la part de la France dans ce dossier.

Depuis le début de l’année, de nombreuses manifestations ont eu lieu un peu partout en Europe contre l’accord, qui suscite également de l’inquiétude chez des producteurs agricoles canadiens.

Les deux dirigeants ont néanmoins assuré que les bienfaits de l’AECG se faisaient déjà sentir sur l’économie. En 2017, les exportations de la France vers le Canada ont grimpé de 4 % et les investissements canadiens en France ont augmenté de 23 %, a souligné Justin Trudeau.

Le président français a quant à lui indiqué que les échanges avec le Canada s’élevaient maintenant à plus de 15,5 milliards $, insistant à plusieurs reprises sur la «convergence» des deux pays sur une vision progressiste de l’économie.

«Nous portons l’un et l’autre cette volonté de développer les accords commerciaux en les rendant cohérents avec nos engagements sociaux et environnementaux», a déclaré Emmanuel Macron.

Le Mali

Le chef de l’État français a également salué l’engagement du Canada au Mali ainsi que le soutien du gouvernement Trudeau aux récentes frappes menées conjointement par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni en Syrie.

Les deux pays ont d’ailleurs annoncé deux nouveaux partenariats lundi. Une première entente, le Partenariat franco-canadien pour le climat et l’environnement, vise à accroître la collaboration en vue d’atteindre les cibles de l’Accord de Paris. Une deuxième entente touche à la diffusion culturelle et la promotion de la langue française dans l’espace numérique.

À la suite de son passage à l’Élysée, Justin Trudeau devait rencontrer la première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, et s’adresser à des étudiants de l’Institut d’études politiques de Paris (SciencesPo), avant de rencontrer notamment le PDG d’Airbus, Tom Enders.

M. Trudeau deviendra demain le premier premier ministre fédéral à s’exprimer devant l’Assemblée nationale française, avant de mettre le cap sur le Royaume-Uni, où il doit rencontrer la première ministre Theresa May et participer au Sommet du Commonwealth.