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Un pipeline rouillé après deux ans d’utilisation

De la corrosion force Enbridge à réparer son oléoduc à Terrebonne

Pipeline d'Enbridge
Photo Martin Alarie Les experts de la compagnie ontarienne Somervillle, sous-traitant d’Enbridge, ont creusé pour inspecter le pipeline à Mirabel après que des robots qui circulent à l’intérieur de la conduite aient détecté une anomalie.

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Peu après avoir dû effectuer des travaux majeurs sur son pipeline à Terrebonne à cause de problèmes de corrosion, Enbridge entreprend maintenant un autre chantier, à Mirabel, pour une autre anomalie sur la conduite, a appris Le Journal.

Trois pelles mécaniques et une douzaine de véhicules encadrés par des agents de sécurité sont à l’œuvre non loin du club de golf de Mirabel, sur la couronne nord de Montréal.

« C’est clairement des travaux majeurs. Ce n’est pas normal qu’un pipeline qui a obtenu une autorisation d’inversion de flux il y a à peine plus de deux ans doive déjà subir des travaux », s’inquiète Patrick Bonin, de Greenpeace.

<b>Patrick Bonin</b></br>
<i>Greenpeace</i>
Photo courtoisie
Patrick Bonin
Greenpeace

Tuyau rafistolé

Construite en 1976, la ligne 9B d’Enbridge transporte du pétrole provenant de l’Ouest canadien vers le port de Montréal depuis décembre 2015. La conduite avait auparavant charrié du brut en sens inverse, avant d’être laissée inactive pendant deux ans.

« C’est un vieux tuyau tout patché », dénonce M. Bonin.

Talonné de questions par Le Journal, Enbridge indique avoir détecté de la corrosion sur la conduite à Terrebonne en début d’année. Afin d’assurer la résistance de la canalisation, le mois dernier, la compagnie a installé un manchon de protection sur la section affectée.

« Tâche minime »

C’est « une pratique de réparation courante utilisée dans l’industrie », assure le porte-parole de l’entreprise albertaine, Herb Shields.

À Mirabel, M. Shields indique qu’il s’agit non pas de corrosion, mais d’« une tache minime sur la surface extérieure » qui ne nécessitera pas de réparation pour l’instant, car « il n’y a pas de menace immédiate à l’intégrité de la canalisation ».

Du côté de l’Office national de l’énergie, l’organisme fédéral chargé de réguler les pipelines, on voit plutôt d’un bon œil les travaux que mène Enbridge.

C’est « un indicateur d’un bon programme d’exploitation et d’entretien préventif, et non pas un signe de dégradation d’un pipeline », dit le porte-parole Marc Drolet.

« C’est une routine et une partie de notre programme d’entretien préventif », ajoute M. Shields en indiquant qu’Enbridge prévoit terminer les travaux « dans environ deux semaines », à Mirabel.

Eau potable

Mais M. Bonin est perplexe : « Deux semaines pour une tache ? Il n’y a rien de rassurant dans tout ça. »

Les organisations écologistes, Québec Solidaire et le Parti vert dénoncent depuis des années la ligne 9B, qu’ils qualifient de « bombe à retardement » pour l’eau potable, la santé et la sécurité de la population de la région métropolitaine.

À Mirabel, les travaux en cours ont lieu non loin d’un­­­ ruisseau qui se jette dans la rivière Mascouche. Ce cours d’eau est connecté à la rivière des Mille Îles, qui alimente en eau potable la couronne nord de Montréal.

Le tracé d'Embridge