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Une usine d’armes pour criminels à Montréal

Les dirigeants de l’entreprise auraient mentionné à leurs employés qu’il s’agissait plutôt de fusils de paintball

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Deux dirigeants d’une usine de métal de Montréal auraient fait croire à leurs employés qu’ils concevaient des fusils de paintball alors qu’ils fabriquaient plutôt de vraies armes à feu sans permis.

Pierre Larivière, accusé.
Photo Pierre-Paul Poulin
Pierre Larivière, accusé.

C’est ce que tentera de démontrer la Couronne au procès devant jury de Jean-Pierre Huot et Pierre Larivière, qui a débuté lundi au palais de justice de Montréal.

Jean-Pierre Huot, accusé.
Photo Pierre-Paul Poulin
Jean-Pierre Huot, accusé.

Les deux hommes, respectivement âgés de 61 et 63 ans, sont accusés de fabrication d’armes à feu prohibées, de silencieux et de chargeurs à grande capacité, et de possession d’armes à feu prohibées sans détenir les permis et les enregistrements nécessaires.

Grâce aux patrouilleurs

Jean-Pierre Huot fait également face à deux chefs de cession d’armes à feu sans autorisation.

Ce sont des patrouilleurs qui auraient découvert le pot aux roses dans la nuit du 13 mars 2014, en répondant à un appel pour un système d’alarme qui s’était déclenché, rue Salley, dans l’arrondissement de LaSalle.

Les policiers montréalais ont constaté qu’il y avait eu une introduction par effraction dans l’usine Perfection Métal, a relaté le procureur de la Couronne Éric Poudrier dans son exposé d’ouverture. C’était la deuxième fois en six semaines.

Plans d’assemblage

En inspectant les lieux, les agents auraient découvert plusieurs armes, chargeurs, silencieux et douilles, à la vue de toute personne circulant dans l’usine.

Ils auraient aussi trouvé des outils et des plans servant à assembler les armes à feu.

Des enquêteurs de l’Escouade régionale mixte ont donc été appelés pour fouiller les lieux de fond en comble. Les limiers auraient ainsi mis la main sur des bons de livraison de fusils de paintball dans les documents de l’entreprise.

« Cela ne servait qu’à berner ceux qui auraient pu poser des questions, et surtout à donner une apparence légitime à la compagnie », a soutenu la Couronne.

Même les employés croyaient fabriquer des fusils destinés à tirer des balles de peinture alors qu’il s’agissait de véritables armes létales, a poursuivi Me Poudrier, qui fait équipe avec Me Philippe Vallières-Roland.

Ni l’entreprise ni aucun de ses dirigeants ne possédaient de permis pour ce faire, d’après ce qui a été relaté au jury de sept hommes et cinq femmes.

L’enquête policière ne s’est pas arrêtée là. Les limiers auraient réussi à retracer deux douzaines d’armes à feu ayant des caractéristiques semblables à celles retrouvées dans l’usine de LaSalle, éparpillées dans 18 endroits, entre Montréal et Kingston, en Ontario.

Par l’entremise d’un expert en balistique, la Couronne tentera de prouver que ces armes, obtenues par le biais d’un trafic, provenaient de Perfection Métal.

Lundi, le premier témoin a décrit tout ce qui a été saisi à l’usine il y a quatre ans. Le policier de la Gendarmerie royale du Canada, Jonathan Guerrier, a notamment manipulé des centaines de douilles et une arme à feu prohibée TEC-9 en salle d’audience, sous les regards ébahis des jurés.

Les accusés sont défendus par Mes Rodolphe Bourgeois et Robert Bellefeuille.


► Le procès, présidé par la juge de la Cour supérieure France Charbonneau, se poursuit mardi.