/portemonnaie/business
Navigation

Ces jeunes investissent en bourse pour changer le monde

«Si les gens ne s’occupent pas de la finance, c’est la finance qui va s’occuper d’eux.»

Yannick (à gauche) et deux de ses collègues, membres du Club d'investissement responsable du Québec (CIRQC)
Courtoisie Yannick (à gauche) et deux de ses collègues, membres du Club d'investissement responsable du Québec (CIRQC)

Coup d'oeil sur cet article

Et si la sauvegarde de l’environnement et la réduction des inégalités passaient par les marchés boursiers?

Pour un groupe de 75 jeunes Québécois, la réponse est sans équivoque : oui, mais pas à n’importe quel prix.

Rencontre d’un passionné de finance responsable

Je suis au comptoir d’un bar quand j’aperçois un gars sur son portable en train de scruter les résultats boursiers. 

«Drôle d’heure pour faire ça», que je lui lance.

Il me répond : «Je fais partie d’un groupe d’investissement éthique. Je suis gestionnaire pour une compagnie de mode et nouvellement papa, c’est donc le seul temps libre que j’ai pour regarder le marché.»

Le gars en question se nomme Yannick et il est un des membres fondateurs du CIRQC, le Club d’investissement responsable du Québec. 

La révolution économique, une action à la fois

 

Le CIRQC est un organisme sans but lucratif et compte 75 membres. Chacun verse une cotisation annuelle de 50 $ qui sert à acheter des titres d’entreprises.

Les membres suggèrent des actions et si elles sont acceptées par la majorité, le comité RSE (responsabilité, société, environnement) les analyse selon une grille de critères très stricts. Tout y passe : gouvernance, conditions de travail, la valeur humaine du produit/service, responsabilité sociale, etc.

L’action qui se qualifie est soumise au comité finance qui évalue sa viabilité économique.

Le titre qui réussit à se faufiler parmi ces filtres est acheté sur le marché boursier et les profits sont ensuite remis à des œuvres caritatives.

Le CIRQC a déjà redonné 2000 $, la majorité allant à un organisme venant en aide aux femmes autochtones en difficulté (le NWSM). 

Yannick (à gauche) et deux de ses collègues, membres du Club d'investissement responsable du Québec (CIRQC)
Courtoisie

L’éthique, c’est payant!

Concilier finance et bonne conscience est un pari qui rapporte au CIRQC. Du premier investissement en mai 2015 jusqu’à aujourd’hui, le fonds présente un rendement de 68,25 %, largement supérieur à l’indice TSX.

Selon Yannick, « Certains perçoivent l’investissement éthique comme une mode. On croit plutôt que c’est l’option la plus viable à long terme.»

Un de leurs bons coups a été avec la compagnie Savaria, spécialisée dans les produits destinés aux personnes à mobilité réduite. Ils se sont récemment retirés de Tesla, juste avant la chute du titre, en raison de l’attitude grandiloquente d’Elon Musk qui ne cadre plus avec les valeurs du groupe.

L’intensification des contestations populaires contre certains projets (pétroliers, miniers, etc.) et les changements d’habitudes des consommateurs vont-ils leur donner raison?

Seul l’avenir le dira, mais c’est prometteur.

Pourquoi investir éthiquement?

Yannick (à gauche) et deux de ses collègues, membres du Club d'investissement responsable du Québec (CIRQC)
Courtoisie

 

Yannick explique : «Si les gens ne s’occupent pas de la finance, c’est la finance qui va s’occuper d’eux. On veut que le CIRQC serve de wake up call pour le citoyen ordinaire.»

Pour lui, il est évident que les gouvernements sont à la merci du milieu des affaires. «Des chefs d’entreprise s’octroient des millions en bonis, malgré des coupures de postes et des résultats décevants, et les politiciens ne font rien face à la grogne populaire.»

Selon lui, le maintien de la démocratie doit compter sur la participation financière de la population. Il concède toutefois que le jargon inutilement complexe en vient à décourager monsieur madame Tout-le-monde de s’y attarder.

Le Club sert donc de laboratoire permettant de vulgariser le marché boursier et de le rendre accessible. Plusieurs membres utilisent l’expertise acquise au sein du CIRQC afin de répliquer les investissements dans leur portefeuille personnel.

Yannick (à gauche) et deux de ses collègues, membres du Club d'investissement responsable du Québec (CIRQC)
Courtoisie

«Il y a des gens qui proviennent de professions libérables, comme des comptables, banquiers et avocats, et aussi des gens des cercles militants. C’est environ 50/50 hommes femmes. C’est un lieu d’échange et d’apprentissage pour tous.»

Yannick tient à préciser : «On n’a rien contre les entreprises, je suis moi-même un passionné d’entrepreneuriat, cependant, on pense qu’elles ont un devoir de responsabilité.»

Tarek Burgan, membre du CIRQC et étudiant en développement durable, décrit sa philosophie d’investissement ainsi : «Je crois qu’on est une génération qui veut faire de l’argent, mais on tient à le faire en respectant nos valeurs.»

Avec 75 membres, il est évident que l’impact du CIRQC est infiniment minime. Mais imaginez si nous étions des centaines de milliers à les joindre dans leur révolution tranquille.


Pour plus d’infos, visite leur page Facebook.

 

 

 

 

 

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux