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Le rouleau compresseur est sorti du garage

bloc Parlement d'Ottawa
Photo d'archives

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Quand un individu ou un peuple échoue à répétition, trois possibilités s’offrent à lui.

Il peut continuer à se battre.

Il peut abandonner et sombrer dans l’amertume.

Il peut abandonner et minimiser son échec pour amoindrir la douleur.

Dans ce troisième cas, il se dira que la cause n’était finalement pas si importante et qu’il y a d’autres aspects positifs dans sa vie.

Pareil

Pour ce qui est de notre destin national, beaucoup de Québécois ont choisi la troisième option.

Ce n’est pas seulement le projet souverainiste qui a échoué.

Les fédéralistes québécois ont aussi échoué dans leurs efforts pour réformer le fédéralisme canadien.

Ils n’entretiennent même plus l’espoir qu’Ottawa daigne un jour revisiter la question.

Devant ces accablants constats, beaucoup de nos concitoyens se détournent de la question nationale.

Mieux encore, ils essaient de se convaincre que le régime canadien n’est pas un système de domination.

Puis survient un événement qui nous remet en pleine face que tout est politique, et que c’est Ottawa qui a le gros bout du bâton.

Le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada, qui devait traverser le Québec, a été stoppé. Plusieurs chez nous ont crié victoire.

Maintenant, l’entreprise Kinder Morgan veut tripler la capacité de l’oléoduc reliant Edmonton, en Alberta, à Burnaby, en Colombie-Britannique.

Le gouvernement de l’Alberta est farouchement pour.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique est contre, et ce, pour exactement les mêmes raisons qui avaient amené tant de gens au Québec à s’opposer au projet Énergie Est.

Il est contre parce qu’on lui demande d’assumer des risques indéniables en échange... de quoi au juste ?

Les retombées pour le Québec étaient minimes et nos sources d’approvisionnement sont variées.

Même chose pour la Colombie-Britannique : on lui demande d’assumer beaucoup de risques pour peu de retombées.

Alors elle dit non.

Fin de l’histoire ? Pantoute.

Force

Justin Trudeau invite les premiers ministres de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, et tente une médiation.

Devant l’échec, il dit maintenant qu’Ottawa prendra tous les moyens pour imposer sa volonté. Le rouleau compresseur est sorti du garage.

Si Ottawa est prêt à prendre les grands moyens pour enfoncer ce projet dans la gorge des Britanno-Colombiens qui n’en veulent pas, pensez-vous qu’il hésiterait à le faire au Québec si cela devenait subitement « dans l’intérêt national » ?

Dès que ça devient sérieux, on voit qui mène dans ce pays.

Mais on trouve plus important de savoir si Marc Bergevin gardera son emploi ou de perdre du temps sur les réseaux sociaux.

***

Dans ma chronique de jeudi, j’ai écrit que le PLQ avait remonté de cinq points chez les francophones.

Faux, il a plutôt réduit à cinq points l’écart le séparant de la CAQ en augmentant ses appuis chez les non-francophones. Mes excuses.