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Réveil libéral électoral

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S’il veut être réélu, le Parti libéral doit aller chercher davantage de votes chez les francophones.

Et pour ce faire, il a avantage à provoquer quelques tensions, voire des querelles, avec Ottawa. Celles-ci donnent l’impression aux électeurs que ce parti tient encore à «défendre les intérêts supérieurs du Québec», selon la formule chère à Robert Bourassa.

Quatre ministres

Ainsi, lundi, ils sont débarqués à quatre ministres, en conférence de presse, afin de faire savoir qu’en matière d’accueil de réfugiés, Ottawa devait en faire plus.

Il y avait là David Heurtel, ministre de l’Immigration, Sébastien Proulx, de l’Éducation, Lucie Charlebois, déléguée à la Santé publique, et évidemment Jean-Marc Fournier, responsable des Relations canadiennes.

On les a entre autres entendus dire que les services du Québec étaient «saturés». Que lorsque 85 % des 1850 places prévues pour les demandeurs d’asile seraient occupées, on bloquerait l’accès.

Les braises?

Entre vous et moi, caquistes et péquistes doivent avoir follement envie de taquiner leurs adversaires libéraux :

«Le Québec est “saturé”, dites-vous? Mais ne soufflez-vous pas sur les braises de l’intolérance? Cela ne démontre-t-il pas que vous êtes fermés à l’Autre, à la diversité, à la différence? N’est-ce pas un refus de lutter contre la misère? Au fond, vous souhaitez qu’on demeure entre “familles blanches”, c’est ça?»

Trêve de plaisanterie.

Bien sûr, la démarche de Québec est tout à fait légitime. Après tout, alors que de 2012 à 2016, le Québec a reçu environ 3500 demandeurs d’asile par année, en 2017, ils ont été 24 980 ! De plus, 50,2 % des demandes d’asile reçues à travers le Dominion en 2017 l’ont été au Québec. Pour 2017, Québec réclame à Ottawa un montant de 146 millions $.

Mais lundi, le gouvernement Trudeau a été pris par surprise par la démarche médiatique de Québec. Il y a un an, un groupe de travail a été créé justement pour que les deux gouvernements se parlent à ce sujet!

À moins de six mois des élections, il était évidemment plus payant pour les libéraux de Philippe Couillard de bomber le torse face au fédéral.

2008

En septembre 2008, en plein scrutin fédéral, Jean Charest à la surprise générale réclame officiellement pour le Québec la maîtrise d’œuvre en matière de culture... devant un parterre de représentants de la construction!

Le geste de «souveraineté culturelle» avait sûrement aidé le PLQ à remonter dans l’estime des élites culturelles québécoises francophones, alors aux prises avec des compressions budgétaires du gouvernement Harper.

Mais la demande improvisée de Charest ne récolta que des bruits de criquets à Ottawa, lequel ne daigna jamais même répondre à la lettre de la ministre de la Culture Christine St-Pierre sur le sujet.

Espérons que les gestes actuels de défense des intérêts du Québec du gouvernement Couillard auront plus de suite.

Je pense à celui d’hier, mais aussi à la lettre ouverte que Jean-Marc Fournier a publiée dans La Presse en fin de semaine où il dénonçait l’attitude impériale du fédéral dans le dossier du pipeline Transmountain entre l’Alberta et la Colombie-Britannique.