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Un aéronef du futur imaginé au Québec

Une start-up de Bromont obtient des millions pour développer un aéronef électrique

L’entreprise Zénith Altitude Bromont annonce le développement du premier aéronef 100% électrique, semi-autonome, à décollage et atterrissage vertical. Le projet est financé par Lung Biotechnology, une entreprise du Maryland.
PHOTO COURTOISIE, ZÉNITH ALTITUDE L’entreprise Zénith Altitude Bromont annonce le développement du premier aéronef 100% électrique, semi-autonome, à décollage et atterrissage vertical. Le projet est financé par Lung Biotechnology, une entreprise du Maryland.

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Une grosse entreprise biotechnologique du Maryland a choisi une PME québécoise pour développer un projet complètement fou : un avion électrique à décollage vertical conçu spécialement pour transporter des poumons destinés à la transplantation.

Inspiré des taxis volants mis de l’avant par le géant Uber, l’appareil serait construit en fibre de carbone, muni de 12 moteurs et aurait une autonomie de 460 kilomètres. Il pourrait transporter un passager en plus du pilote.

« Cet aéronef décollerait et atterrirait comme un hélicoptère, mais volerait comme un avion. Ce type d’appareil n’existe actuellement que dans le monde militaire [tiltrotor], mais pas en version électrique », explique Mikaël Cardinal, président de Zénith Altitude, une entreprise installée à Bromont.

Mikaël Cardinal a fondé Zénith Altitude en janvier 2017. Il est aussi chargé de cours en ingénierie à l’Université de Sherbrooke. En arrière-plan, l’avion 100 % électrique que souhaite développer la PME québécoise.
PHOTO CHANTAL POIRIER
Mikaël Cardinal a fondé Zénith Altitude en janvier 2017. Il est aussi chargé de cours en ingénierie à l’Université de Sherbrooke. En arrière-plan, l’avion 100 % électrique que souhaite développer la PME québécoise.

C’est Martine Rothblatt, cofondatrice de Sirius Radio et PDG de United Therapeutics, qui a contacté M. Cardinal l’an dernier pour lui demander de participer au développement de l’aéronef nouveau genre.

Mme Rothblatt détient un brevet de pilote et a orchestré en 2016 le tout premier vol d’un hélicoptère électrique pleine grandeur.

Des dizaines de millions $

Une filiale de United Therapeutics, Lung Biotechnology, promet d’investir « des dizaines de millions de dollars », voire jusqu’à 100 M$, pour permettre à Zénith Altitude de mener le développement de l’appareil, et ce au Québec.

Trois autres PME d’ici ainsi que le Centre des technologies avancées, affilié à l’Université de Sherbrooke, font également partie de l’aventure.

Lung Biotechnology travaille notamment sur une technologie qui permettrait de transplanter sur des humains des poumons provenant de porcs. Les aéronefs électriques serviraient à transporter les poumons du centre où ils seraient prélevés, en Caroline du Nord, jusque dans des hôpitaux de l’est des États-Unis.

United Therapeutics compte des bureaux à Magog. L’entreprise vient de déposer, par l’intermédiaire d’une filiale québécoise, Unither Bioélectronique, des offres d’achat totalisant 3,1 millions $ pour des terrains situés en bordure de l’aéroport Roland-Désourdy de Bromont.

C’est là que l’on compte ériger, en 2021, l’usine où seraient construits les futurs aéronefs de Zénith Altitude.

« Ça confirme le sérieux du projet », soutient Mikaël Cardinal.

Certification

Mikaël Cardinal croit possible d’effectuer un premier vol avec un prototype d’ici 18 mois, possiblement à l’aéroport d’Alma, où se trouve le Centre d’excellence sur les drones. « J’ai personnellement fait des tests là-bas avec des plateformes de 6000 livres et plus », relate le jeune entrepreneur.

« L’un des plus grands risques du projet, c’est la certification », convient-il, en soulignant toutefois que les autorités gouvernementales sont de plus en plus ouvertes aux aéronefs novateurs grâce à l’engouement que suscite Uber avec ses taxis volants.

Actuellement spécialisée dans la modification d’hélicoptères, Zénith songe sérieusement à se consacrer exclusivement au projet d’aéronef électrique. L’entreprise compte faire passer son effectif de 9 à 18 personnes, mais le recrutement représente un défi.

« Les gens qui possèdent l’expertise requise ne sont pas faciles à trouver », constate M. Cardinal.