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Syrie : et maintenant quoi ?

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Des informations contradictoires circulent sur la Syrie. Emmanuel Macron déclare que tous les missiles ont touché leur cible, tandis que les Russes affirment que 71 sur 103 ont été abattus.

Le président français annonce que les États-Unis vont demeurer longtemps en Syrie, mais la Maison-Blanche explique dans les heures qui suivent que les troupes américaines vont sortir de Syrie le plus tôt possible. Macron avance qu’il a reçu la preuve de ses services secrets qu’une attaque chimique s’est produite, mais une équipe d’enquêteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques est sur les lieux de l’attaque présumée pour prouver son existence, à la demande du gouvernement syrien.

1. Pourquoi Macron affirme-t-il avoir convaincu Trump de laisser ses troupes en Syrie ?

Macron commet des erreurs de débutant. Il parle trop, il parle à la place de dirigeants d’autres pays, de Donald Trump en l’occurrence. Et il se fie aveuglément à ses services de renseignements. Il est essentiel de rappeler qu’il n’existe toujours aucune preuve publique et fiable qu’une attaque chimique s’est bel et bien produite à Douma. Rien ne prouve non plus que cette attaque présumée provenait de l’armée syrienne. Étant donné que les islamistes tenaient la ville au moment de l’attaque, il se pourrait très bien qu’ils aient simulé ou perpétré cette attaque. L’armée syrienne n’avait aucun motif pour utiliser de l’armement chimique à Douma.

2. Quelles sont les contradictions de la stratégie des États-Unis en Syrie ?

Elles sont multiples. Par exemple, comment concilier les menaces de Trump contre l’Iran et sa volonté réaffirmée de sortir de la Syrie ? Comment continuer à s’allier à des groupes islamistes parce qu’ils sont des opposants à Bashar al-Assad et en même temps prétendre lutter contre l’État islamique ?

3. La situation en Syrie peut-elle être réglée ?

Bien sûr, mais dans l’intérêt de qui ? Pour les Russes, les Syriens, les Iraniens et même les Kurdes, un État syrien aligné sur la Russie, possiblement sur un modèle fédéral, sans Bashar al-Assad, est réalisable. Mais les Américains, les Saoudiens et les Israéliens souhaitent une Syrie disloquée, faible et alignée sur l’OTAN. Or, la Russie ne peut pas laisser tomber un allié et Trump confond les intérêts de son pays avec ceux de l’Arabie saoudite et d’Israël.

4. Que peut faire le Canada ?

Le Canada ne peut pas faire grand-chose. La haine anti-russe de la ministre canadienne des Affaires extérieures discrédite le Canada auprès de la Russie. Justin Trudeau et son refus absurde de condamner le retour au Canada des combattants de l’État islamique (selon ses propres termes, ils peuvent être « déprogrammés ») font en sorte que le Canada n’est pas considéré comme un interlocuteur sérieux. Plus Justin Trudeau se mêle de politique étrangère, plus celle-ci devient à l’image de ses chaussettes : clownesque et niaise.