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Les militants du PLC disent oui à la décriminalisation des drogues

Congrès PLC
Photo Agence QMI, Maxime Huard Les militants du Parti libéral du Canada se prononcent, le samedi 21 avril 2018, sur les nouvelles politiques du parti lors de leur congrès national, à Halifax, en Nouvelle-Écosse

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HALIFAX – La décriminalisation de toutes les drogues au pays fait maintenant partie des nouvelles politiques du Parti libéral du Canada (PLC), à la suite d’un vote des membres lors du congrès à Halifax, samedi. Leur chef Justin Trudeau a toutefois garanti que ça n’arriverait pas.

L’idée de décriminaliser la possession de petites quantités de toutes drogues était une des plus délicates au programme. Elle a été votée au troisième rang des priorités des militants.

Parmi les quinze résolutions avalisées par la base du PLC, on trouve l’établissement d’un revenu minimum garanti, la décriminalisation de la prostitution et, au premier rang, l’instauration d’un régime universel d’accès aux médicaments.

Ces idées seront toutes des politiques officielles du parti pour les huit prochaines années, mais elles demeurent toutefois non contraignantes.

«Pas dans nos plans»

Sur la décriminalisation des drogues, le chef libéral a été sans équivoque samedi. «Ce n’est pas dans nos plans d’avancer avec ça», a tranché Justin Trudeau samedi en point de presse.

Basée sur le modèle adopté en 2001 au Portugal, la proposition vise à contrer la crise des opioïdes ayant fait plus de 4000 morts au Canada l’an dernier. L’objectif est de diriger les toxicomanes vers le système de santé plutôt que vers la clandestinité ou la prison.

Les ministres croisés au congrès se sont dits favorables au débat sur la question, mais ont rappelé que le gouvernement avait déjà fermé la porte.

Au sein du caucus, les avis vont d’un extrême à l’autre. «Je suis totalement contre. Tout simplement. Je ne pense pas que ce soit la bonne approche», a tranché le whip Pablo Rodriguez.

De l’autre côté du spectre, la députée Alexandra Mendès, elle, est convaincue que la décriminalisation est la voie à suivre. «Je suis d’origine portugaise et je connais bien ce qui s’est passé là-bas. C’est un exemple probant de politique orientée vers la santé», a-t-elle soutenu.

C’est sans contredit chez les militants qu’on trouve la plus grande ouverture à la proposition.

«La manière dont on fait les choses actuellement ne fonctionne pas. La solution de mettre les utilisateurs de drogue en prison ou de les accuser au criminel. Il faut se concentrer sur la réhabilitation, et non la stigmatisation», a dit Nathan Canning, un militant terre-neuvien de 18 ans.

Au sommet des priorités

Sur l’assurance médicaments universelle, les militants ont envoyé un message fort au gouvernement en classant la résolution au sommet de ses priorités.

Durant la fin de semaine, de nombreux membres ont critiqué le fait que les libéraux n’avaient toujours pas mis en place une assurance médicaments universelle, bien que l’idée ait déjà figuré dans la plate-forme libérale en 1997.

Le dernier budget fédéral annonçait en février la création d’un comité sur la mise en place d’un régime national d’assurance médicaments, mais on ne sait toujours pas quelle forme prendra ce système.

«Nous avons convoqué un groupe d’experts pour examiner la question et faire ses recommandations au gouvernement sur la meilleure marche à suivre, parce que c’est une priorité pour les Canadiens et pour les libéraux», a souligné Justin Trudeau devant les journalistes.