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Décès de Soeur Agnès-Marie Valois, l'«ange blanc» des Canadiens lors de l’opération Jubilee

Décès de Soeur Agnès-Marie Valois, l'«ange blanc» des Canadiens lors de l’opération Jubilee
AgenceQMI

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Soeur Agnès-Marie Valois, surnommée «l’ange blanc» par les Canadiens qu’elle avait soignés lors du raid sanglant de Dieppe, en Normandie, durant la Seconde Guerre mondiale, est décédée jeudi à 103 ans, a-t-on appris samedi auprès de la mairie de Dieppe.

Née Agnès Valois à Rouen en 1914 dans une famille d’industriels, elle suit des études à la Croix-Rouge pour devenir infirmière. Elle entre dans les ordres en 1936, chez les Augustines de la miséricorde de Jésus.

Au moment du débarquement du 19 août 1942 sur Dieppe, elle est infirmière à l’hôtel-Dieu de Rouen, sous la coupe des Allemands. Des centaines de blessés de l’opération, baptisée Jubilee par les Alliés, y affluent.

Le raid, destiné à causer des dégâts aux infrastructures allemandes sur la côte française avant de se replier vers l’Angleterre, est un échec meurtrier: parmi les 6000 hommes impliqués, dont 5000 Canadiens et un millier de Britanniques, plus de mille sont tués et deux-mille faits prisonniers.

À l’hôpital, soeur Agnès-Marie Valois prend en charge avec dévouement et courage les victimes, à l’instar des autres religieuses, quitte à se mettre en danger vis-à-vis des Allemands, guère enclins à prodiguer les soins nécessaires à des soldats qui viennent de tenter une opération commando contre eux.

Les anecdotes ne manquent pas sur cette terrible nuit et les jours qui suivirent: soeur Agnès-Marie guérira la vue d’un soldat en convainquant un ophtalmologiste allemand de le soigner ; elle sauvera la vie d’un autre, grièvement blessé, en dissuadant l’ennemi de l’achever ; elle tiendra bon y compris sous les menaces, voire les coups des Allemands, continuant à prendre soin des blessés, quitte à voler pour eux des friandises dans les réserves allemandes.

Soeur Agnès-Marie a été décorée de l’ordre national du Mérite, de la médaille du service méritoire et du grade de chevalier puis d’officier de la Légion d’honneur.

Elle s’est installée au monastère de Thibermont, à Martin-Eglise tout près de Dieppe en 1968, suite à la fermeture de l’hôtel-Dieu rouennais. Elle continuera à exercer en tant qu’infirmière à l’hôpital de Dieppe, avant de prendre sa retraite en 1979.

Soeur Agnès-Marie a assisté et participé aux diverses commémorations du raid du 19 août 1942. Elle a pu y retrouver de nombreux rescapés qu’elle avait soignés. «Elle représente pour la nation canadienne comme pour la ville de Dieppe et les Dieppois, une personnalité à part, une héroïne, symbolique et particulièrement attachante», a déclaré le maire Nicolas Langlois dans un communiqué.

Dieppe, qui avait célébré ses 100 ans en 2014, a mis tous ses drapeaux en berne et lui rendra un hommage solennel mardi au cimetière des Vertus, où reposent la majorité des victimes canadiennes du raid de 1942.