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Non, la CAQ n’est pas l’extrême droite

Non, la CAQ n’est pas l’extrême droite
Photo Pierre-Paul Poulin

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, sont des expertes dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Le premier ministre Philippe Couillard a employé une expression surprenante, mercredi, à l’endroit de la Coalition avenir Québec : « Ils se situent à l’extrême droite, à la droite dure du spectre politique du Québec », a-t-il lancé.

Les faits

M. Couillard exagère : la CAQ n’est pas un parti d’extrême droite, croit Denise Helly, professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS.

On retrouve principalement les groupes d’extrême droite contemporains en Europe et ceux-ci sont « très hostiles à l’immigration, souvent même violents à l’égard des immigrants », explique Alexandre Blanchet, chercheur postdoctoral au Centre pour l’étude de la citoyenneté démocratique de l’Université McGill.

« La CAQ n’a jamais fait appel à la violence et elle respecte les institutions parlementaire et juridique », ajoute Mme Helly, précisant que les formations d’extrême droite sont plutôt marginales.

Elle croit toutefois que les positions de la CAQ sur l’immigration et sur la taille de l’État se rapprochent d’une « droite dure » pour le Québec, même si on est « loin de l’extrême droite ». « Et ce n’est pas une droite très très dure si on se compare à Trump ou à l’Europe. »

Ainsi, croit M. Blanchet, même si la CAQ est plus modérée que d’autres formations politiques québécoises, parmi « les partis politiques qui sont réellement en concurrence, c’est vrai que la CAQ est le parti le plus à droite. »

Les deux chercheurs mettent toutefois M. Couillard en garde de faire attention aux enflures verbales. En effet, si on utilise trop souvent cette expression pour des partis qui ne sont pas réellement de « droite dure », le terme sera galvaudé si un jour un vrai parti d’extrême droite émerge au Québec.