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Le retour des trappes à ticket

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208 millions de dollars, c’est le montant que la Ville de Montréal compte aller chercher dans les poches des automobilistes qui fréquentent ses rues.

C’est 30 millions de plus que ce que les policiers ont récolté l’an dernier. Cette augmentation d’environ 15 %, inscrite noir sur blanc dans le budget présenté le mois dernier, est injustifiable. On prétend que la hausse des contraventions à Montréal va aider à réduire la congestion dans la métropole. Foutaise !

Un faux prétexte

Nos élus continuent de nier que les contraventions sont devenues un poste budgétaire au même titre que les taxes foncières. C’est une façon pour la ville d’augmenter ses revenus. C’est vrai qu’elle a peu d’autres moyens. Les propriétaires fonciers et les automobilistes sont toujours ceux à qui on demande de payer plus que leur part. Cibles de choix surtout si ceux qui tiennent le volant tentent de couper les coins ronds à travers les travaux.

Personne n’a pitié d’un automobiliste dont le parcomètre est échu ou qui est mal garé. On va lui dire qu’il n’avait qu’à faire attention. C’est le pari des élus qui brandissent les règlements comme une évidence.

Zéro tolérance

Il est facile d’être fautif quand on fait son chemin entre les cônes. On perd vite patience. Mais en quoi installer des trappes à ticket dans des quartiers résidentiels pour piéger des automobilistes va-t-il avoir un impact sur la congestion ? La fluidité en échange de votre argent ? Ben voyons ! Personne n’est dupe !

Une opération radar en pleine heure de pointe n’a pas sa raison d’être. Je me demande si les fameux quotas de contraventions et les pressions indues sur les policiers du SPVM pour qu’ils nous collent des « tickets » ont bel et bien été annulés. On ne serait pas à un mensonge près.

Se mettre à appliquer à la lettre des règles qui n’ont jamais été mises en pratique, et sans prévenir, est-ce éthique ? Gonfler le prix des contraventions de 20 %, n’est-ce pas grossier ?

Quand il n’y aura plus de voitures en ville parce que Montréal sera piétonnière, vers qui la ville va-t-elle se tourner pour renflouer ses coffres ? Les cyclistes ?