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Décrochage scolaire: l'écart entre garçons et filles, le pire au pays

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MONTRÉAL – Le taux de diplomation en cinq ans dans le réseau public québécois ne s'est pas amélioré depuis près d'une décennie, tout comme l’écart entre les filles et les garçons. Et ce n’est pas faute de financement.

C’est ce qu’indique un rapport de l’Institut du Québec (IdQ), qui situe le taux de diplomation entre 59 % et 65 %, soit la pire performance au pays, avec un écart de près de 20 points avec l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

Pour les garçons, l’écart de diplomation est de 25 points entre le Québec et l’Ontario, précise l’IdQ. De plus, l’écart du taux de diplomation entre les filles et les garçons est «trois fois plus élevé au Québec que dans la plupart des autres provinces».

Le retard du Québec en matière de décrochage scolaire ne peut pas s’expliquer par un manque de financement, soutient l’Institut.

«Divers indicateurs de comparaison révèlent que même si les dépenses d'éducation ont connu une progression similaire au Québec et en Ontario entre 2004 et 2014, le Québec n'a pas réussi à accroître son taux de diplomation au même rythme que la province voisine», observe l’IdQ dans un communiqué publié mercredi.

«Si les causes précises de cet échec sont difficiles à cerner et méritent plus d'analyses, notre étude permet au moins de tirer une conclusion claire: le financement n'en est pas la cause principale», a déclaré Mia Homsy, directrice générale de l'IdQ.

Autrement dit, l'argument du manque de financement ne peut donc pas, à lui seul, justifier le retard préoccupant de la diplomation au secondaire au Québec, ajoute-t-on.

L’Institut du Québec ne se limite pas à ce constat. Au-delà de la nécessité de maintenir le niveau du financement de l’école publique à un rythme couvrant l’inflation et la demande démographique, il appelle à un réel changement des pratiques pour que ces investissements aient un réel impact sur le taux de diplomation.

Rapport «méprisant», dit la FAE

Pour sa part, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) déplore les conclusions du rapport de l’Institut du Québec.

«Le document diffusé [mercredi] par l’Institut du Québec est méprisant à l’endroit des enseignantes et enseignants qui travaillent dans les écoles publiques, puisqu’il nie les raisons profondes qui expliquent les difficultés entourant le taux de diplomation au Québec», a fait savoir Sylvain mallette, président de la FAE.

Contrairement à l’IdQ, la Fédération considère que «le sous-financement chronique» du réseau des écoles publiques du Québec a beaucoup nui aux élèves québécois.

«Ce rapport, en plus d’être méprisant envers les enseignantes et les enseignants, ne propose aucune solution qui améliorait le système d’éducation québécois», a ajouté M. Mallette.

 

Propositions de l’IdQ:

  • Faciliter l'accès aux données colligées par les commissions scolaires et le ministère de l'Éducation et l'Enseignement supérieur (MEES) en autorisant dès que possible l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) ou Statistique Canada à les héberger
  • Réduire les délais de publication des données et des indicateurs en créant une base de données unique, ouverte, complète et facilement accessible au public
  • Procéder à une évaluation systématique et rigoureuse des programmes d'envergure avant de poursuivre leur déploiement
  • Appuyer les décisions sur les résultats probants de la recherche et les pratiques avérées. Pour y arriver, créer sans tarder un Institut d'excellence en éducation
  • Étudier et prendre en considération les meilleures pratiques locales et étrangères, en commençant par celles qui touchent l'enseignant, principal levier de la réussite de l'élève.