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Les beaux malaises libéraux

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Photo Simon Clark Le recours au terme extrême droite par le premier ministre pour dépeindre la CAQ n’a pas fait l’unanimité au caucus du PLQ.

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La courte remontée du PLQ observée dans le plus récent sondage sur les intentions de vote n’a pas calmé les tensions au caucus des députés libéraux. Au contraire, on assiste à une ruée vers la sortie!

D’abord, selon nos informations, l’utilisation du terme «extrême droite» par Philippe Couillard pour démoniser la CAQ a causé des grincements de dents dans sa propre famille politique.

Deux sources soutiennent que la députée de Chauveau, Véronyque Tremblay, fait partie de ceux qui ont exprimé un inconfort en réunion la semaine dernière.

«C’est clair que des collègues de Québec et du Centre-du-Québec ne se sentent pas à l’aise avec cette définition», a confié un député.

Il avance que certains ont mis en garde le premier ministre contre un risque de heurter une frange de la population :  ceux qui sont favorables à certaines idées de droite économiques pourraient se sentir visés par cette accusation».

Un autre député libéral consulté a soumis que «dire extrême droite, c’était un peu fort».

Un troisième a nuancé, soutenant que le caucus était d’accord avec la position du chef «dans l’ensemble».

LA DROITE DE LA DROITE?

Personne n’a osé répéter depuis les propos du premier ministre, le leader Jean-Marc Fournier se livrant à un ballet sémantique dont lui seul a le secret. «C’est la droite de la droite sur la question de ce qu’est une société où on peut vivre ensemble», a-t-il asséné mardi aux journalistes perplexes.

Les députés, eux, n’ont pas été mis dans le coup pour cette stratégie de «définition» de la CAQ. «On ne nous donne pas d’explications sur cette démarche», a indiqué un élu, qui croit même que les libéraux doivent éviter d’attaquer toutes les positions de droite défendues par le candidat caquiste Youri Chassin.

«Il faut faire attention, par exemple, concernant la possible privatisation de la SAQ. Il y en a dans notre caucus qui sont favorables à ça, et chez nos militants aussi.»

SENTIMENT D’EXCLUSION

Une autre question a provoqué des remous au caucus du PLQ : la parité hommes-femmes. La ministre responsable de la Condition féminine Hélène David a proposé des prises de position impliquant des quotas de candidatures féminines et de femmes dans un éventuel prochain cabinet Couillard. Mais «elle a frappé un nœud», nous assure un de ses collègues.

Des témoins rapportent des interventions musclées qui révèlent un malaise plus profond. Selon nos sources, des élus craignent d’être « tassés » au profit de candidatures féminines, plus jeunes, et de communautés culturelles. «Certains sentent qu’ils sont exclus des plans ; ça crée des frictions», explique sans détour un membre du caucus.

Avant le scrutin de 2014, les vétérans Lawrence Bergman et Pierre Marsan, par exemple, avaient vu circuler des textes de nouvelles selon lesquels ils ne sollicitaient pas de nouveau mandat, avant même que leur décision ne soit prise!

Jusqu’ici, 12 élus du PLQ ont annoncé qu’ils ne seront pas sur les rangs. Les départs de Jacques Chagnon et Laurent Lessard ne font plus de doute, alors que le cas de David Heurtel est plus intrigant.

Si tant de matelots quittent le navire, c’est que la croisière ne s’amuse pas vraiment...