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Barriault, la force tranquille

Le champion des poids moyens n’a rien du stéréotype d’un combattant de rue

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Marc-André Barriault (photo) et Brendan Kornberger ont tous les deux fait le poids, hier, en vue de leur combat de ce soir pour le titre de champion TKO des poids moyens.

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Marc-André Barriault ne s’est jamais battu à l’extérieur d’un octogone, il possède une technique en diététique, deux formations en cuisine, et travaille, deux jours par semaine, comme cuisinier dans des établissements hospitaliers de la ville de Québec. Bref, le champion TKO des poids moyens renverse complètement les idées préconçues sur les combattants extrêmes.

Au Québec, Georges St-Pierre a fait un bon jab à ces préjugés voulant que les combats ultimes n’étaient réservés qu’à des matamores de ruelles ayant utilisé l’octogone comme courroie de transmission de leur violence.

Barriault en est un autre bon exemple. « Je ne veux pas nécessairement représenter une certaine image, mais je suis content d’être qui je suis dans ce sport et de montrer que certaines fausses représentations qu’il y a eu, ou qu’il y a encore, ne sont pas symboliques de qui on est », a-t-il mentionné, jeudi, après avoir respecté le poids maximal de 185 lb requis à un peu plus de 24 h de son combat face à Brendan Kornberger.

Un instinct animal

Contrairement à d’autres, Barriault ne vient pas d’un milieu difficile et n’a pas utilisé le combat pour se défendre contre l’intimidation à l’école.

Né à Gatineau, il a joué au football au niveau secondaire et a vite réalisé que les sports d’équipe n’étaient pas faits pour lui. « On était trop à avoir l’opportunité de changer le cours d’un match. Maintenant, c’est moi. Si je veux me dépasser, il n’y a que moi pour y arriver », ajoute-t-il.

Barriault a ensuite déménagé dans la Vieille Capitale en 2011 « pour les études et le goût de l’aventure ». Il avait commencé les sports de combat en Outaouais, mais la flamme s’est intensifiée à Québec. Celui qu’on surnomme « Powerbar » a terminé sa technique en diététique, mais n’a jamais travaillé dans le domaine, préférant se concentrer sur son sport.

En ce moment, il travaille deux soirs par semaine dans les hôpitaux et son but est, dans un avenir rapproché, de pouvoir se concentrer à 100 % sur son sport. Car c’est dans l’octogone qu’il est dans son élément.

« Les gens avec qui je travaille ont du mal à comprendre que je suis le Marc-André serviable, aimable, avec les valeurs à la bonne place, et que le soir je vais me battre. J’ai quelque chose en dedans qui demande juste à sortir, un instinct animal qui fait en sorte que quand c’est le temps de me dépasser, performer, je suis bon pour ça », ajoute-t-il.

Sa conjointe, Jade Masson-Wong, qui fera ses débuts professionnels ce vendredi soir en affrontant Maggie Poulin, confirme.

« C’est une force tranquille. Il est confiant et personne ne peut l’empêcher d’aller où il veut. »

« Des yeux allumés »

Chaque combattant a son style de prédilection, et pour Barriault, c’est la boxe. C’est d’ailleurs entre autres avec l’entraîneur de Québec François Duguay qu’il s’entraîne.

« Les mains de Marc-André sont précises et lourdes. Il doit prendre conscience qu’il peut faire mal à son adversaire, comme lors de son dernier combat face à Strahinja Gavrilovic. Si tu es conscient que tu lui as fait mal, tu peux prendre le temps de choisir tes coups. Marc-André a des yeux allumés. Quand tu lui parles ou que tu lui donnes un conseil, il est tout là, il est très concentré et dans le moment présent. »