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Une province full bilingue

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Avouons-le. L’ambition de former une nation véritablement distincte de par sa langue et sa culture, même en demeurant au sein du Canada, nous quitte sourdement. Les symptômes sont trop nombreux pour les lister dans une courte chronique.

Le dernier en date : Philippe Couillard, Jean-François Lisée, François Legault et Gabriel Nadeau-Dubois acceptent l’idée d’un débat télévisé des chefs en anglais – une première en politique québécoise. Comme si le Québec n’était plus qu’un petit Canada bilingue inversé.

La CAQ et Québec solidaire espèrent pouvoir ravir au PLQ une partie de son électorat anglophone massif. Le PLQ espère le conserver intact. Quant au PQ, c’est à y perdre son latin. Or, la question aurait dû être abordée sous un angle nettement plus large.

La seule

Depuis 1974, la seule langue officielle du Québec est le français. Pour ceux qui le gouvernent ou aspirent à le faire, respecter ce principe fondamental devrait pourtant aller sans dire. L’unique exception ayant été en 1985 alors que Robert Bourassa et Pierre-Marc Johnson s’étaient affrontés dans un débat radiophonique tenu en anglais.

Bref, si les débats des chefs doivent alors lieu en français, ce n’est pas par manque de respect pour la minorité anglo-québécoise, loin s’en faut. Pour le seul État francophone du continent, c’est par souci de cohérence politique, législative et historique.

Cohérence

Avant que l’on ne m’accuse d’« anglophobie », désolée. Je parle couramment l’anglais depuis mon enfance et j’ai souvent travaillé en anglais. Y compris pour la Montreal Gazette. Alors, rangez vos bûchers. Mon argumentaire ne porte pas sur moi, mais sur un principe fondateur du Québec moderne.

Le Canada, lui, a deux langues officielles. D’où la tenue au fédéral de débats des chefs dans les deux langues. Quand les élus de l’Assemblée nationale ne font plus la différence, c’est à se demander pourquoi diable ils ont voté une motion s’opposant au simple « Bonjour ! Hi! » dans les commerces.