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P.K. Subban à la guerre

L’ex-défenseur Hall Gill admire l’esprit de compétition qui anime le joueur des Predators

P.K. Subban et Hall Gill ont joué ensemble avec le Canadien durant plus de deux saisons.
Photo d’archives, Reuters P.K. Subban et Hall Gill ont joué ensemble avec le Canadien durant plus de deux saisons.

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WINNIPEG | L’ancien défenseur Hall Gill connaît bien P.K. Subban. Il portait les couleurs du Canadien au printemps 2010 quand Subban s’était amené des Bulldogs de Hamilton pour remplacer Andreï Markov. Ce dernier avait subi une blessure à un genou dans le premier match de la série qui opposait le Tricolore aux Penguins de Pittsburgh en deuxième ronde. C’était l’année où Jaroslav Halak avait réalisé des prodiges devant le filet du Canadien.

Subban s’était fait évidemment remarquer à ses premières séries de la Coupe Stanley. Quand ce n’était pas par son jeu spectaculaire, c’était par sa combativité.

Il s’était donné la mission de déranger Sidney Crosby, qui était devenu le joueur dominant que l’on voit encore aujourd’hui.

Quelques mois auparavant, Crosby avait procuré la médaille d’or olympique au Canada aux Jeux de Vancouver. Il avait gravé son nom sur la coupe Stanley l’année précédente.

Qu’à cela ne tienne, la recrue qu’était Subban s’était mise dans la tête de freiner les élans de Crosby.

« Il l’avait défié en partant », se rappelle Gill.

« Je lui avais dit que ce n’était peut-être pas une bonne idée, mais il n’avait pas arrêté. Il a continué et on a éliminé les Penguins. »

Tous les moyens sont bons

L’an dernier, au contraire, certains ont accusé Subban d’avoir stimulé Crosby lorsqu’il a raconté que le capitaine des Penguins lui avait dit qu’il avait mauvaise haleine durant la finale de la Coupe Stanley.

Crosby avait nié l’histoire, mais Subban en avait remis. Un soir, il s’est présenté à l’amphithéâtre avec un énorme sac de magasinage contenant du rince-bouche.

« Est-ce P.K. qui a réveillé l’ours qui dormait ? » demande Gill.

« Il faut compétitionner de toutes les façons pour gagner dans les séries. Je détestais affronter Claude Lemieux. J’ai joué contre et avec Matt Cooke. P.K. n’est pas le seul joueur qui cherche à provoquer des choses dans la Ligue nationale actuelle. Brad Marchand en est un autre. »

Cooke était un joueur dangereux, cependant. Il a été suspendu à maintes reprises pour des coups salauds. C’est lui qui a mis fin à la carrière de Marc Savard.

Lemieux en était un autre dont il fallait se méfier. On se rappellera de la mise en échec par-derrière qu’il avait appliquée à Kris Draper lors d’une série entre l’Avalanche du Colorado et les Red Wings de Detroit. Draper avait dû subir une chirurgie correctrice au visage.

Ça en prend un

Retiré de la compétition depuis quatre ans, Gill est analyste à la radio des Predators, avec lesquels il a disputé deux saisons après son séjour de trois ans à Montréal. Il a vu Subban grandir et s’épanouir avec le Canadien. Il le voit à l’œuvre régulièrement dans son rôle de commentateur.

Il a entendu Subban se faire huer dans toutes les villes adverses où les Predators ont joué en séries depuis l’an dernier. C’est la même chose à Winnipeg présentement, mais Subban ne s’esquive pas. Il continue d’aller à la guerre. Il ne se fait pas d’amis chez l’adversaire.

Or, Gill ne pense pas que sa conduite à l’endroit de certains joueurs adverses soit de nature à nuire à son équipe.

« Quand on passe en revue les joueurs d’une équipe après un match, on peut dire qu’untel a aidé les siens et qu’un autre leur a fait mal, continue-t-il. C’est la façon dont un joueur se comporte qui détermine sa valeur au sein de son équipe. P.K. Subban pousse ses coéquipiers et dérange ses adversaires. Parfois ça marche, parfois non. »

Gill estime que ça fait partie du hockey.

« C’est un dur boulot, mais quelqu’un doit le faire », ajoute-t-il avec le sourire.

« Je respecte les joueurs qui le font. Ils se mettent la tête sur le bûcher. Si vous le faites suffisamment bien pour que votre équipe en retire des bénéfices, vous allez être apprécié par les vôtres.

« Dans le cas de P.K., je pense que ses coéquipiers et les dirigeants de l’équipe sont capables de composer avec ses agissements. Ils le laissent être lui-même. »

Par ailleurs, Subban est devenu un défenseur plus fiable à son avis.

« Il travaille fort pour améliorer son jeu défensif », continue Gill.

« Peter Laviolette (entraîneur des Predators) l’adore. Il l’utilise contre les gros trios adverses. P.K. carbure aux défis.

« À ses premières années avec le Canadien, sa passion et son désir de bien faire le portaient à commettre des erreurs. Mais c’est sa façon de jouer. Il sait qu’il est sujet à faire des bévues, mais il est capable de les surmonter et de continuer à aller de l’avant. Il a du caractère. »

Atout pour la ligue

Mais P.K. sera toujours P.K. Il ne laisse personne indifférent.

« Il est une figure polarisante », enchaîne Gill.

« Il aime se retrouver sous les feux des caméras. Il raffole de l’effervescence que lui procure son métier. Il a le sens du spectacle, mais il le fait de la bonne façon.

« Il se donne beaucoup en public, ce que peu de joueurs font dans la Ligue nationale de hockey. Je suis très impressionné par son implication dans la communauté et auprès des jeunes. Ce qu’il fait pour les jeunes patients de l’Hôpital de Montréal pour enfants est extraordinaire. »

Subban fait d’ailleurs partie pour la deuxième fois en trois ans des finalistes au trophée King-Clancy, remis annuellement à un joueur de la LNH qui s’affirme par son leadership dans la communauté.