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Et toi, ton excuse, c’est quoi ?

Et toi, ton excuse, c’est quoi ?
Illustration Nathalie Samson

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J’ai regardé le repêchage de la NFL la semaine dernière. Je suis un méga fan et je voulais prendre des notes afin d’être prêt pour mon pool de football l’automne prochain. Ça me fascine toujours de voir la vie de ces jeunes athlètes se métamorphoser aussi rapidement. Une seconde tu es un jeune joueur dans une petite ville américaine, sans un sou, et, quelques minutes plus tard, tu es un millionnaire sous les feux de la rampe dans la jungle de la NFL.

L’histoire de Shaquem Griffin m’a vraiment touché. Comme plusieurs d’entre vous le savent peut-être déjà, il s’est fait amputer la main gauche à l’âge de quatre ans. Samedi dernier, il a été repêché par les Seahawks de Seattle, la même équipe qui avait repêché son frère jumeau l’année précédente.

De les voir tous les deux en entrevue, d’entendre Shaquem parler de son parcours et de tous les préjugés auxquels il a fait face pour réaliser son rêve a rendu mes yeux... un peu plus qu’humides, je l’avoue. Je pourrais blâmer les allergies du printemps, mais j’assume mon côté sensible.

Quelle histoire inspirante !

Puis ils nous ont montré une vidéo où l’on voit des enfants amputés suivre ses traces et essayer de prouver au monde que malgré un handicap, tout est possible quand on y croit. À la fin, tous les enfants scandaient « Je suis Shaquem Griffin ! » Ce dernier a conclu en disant : « Je suis Shaquem Griffin et vous ne connaissez que la moitié de mon histoire, car l’autre moitié reste encore à écrire. »

Ça y est, je tombe au combat et les larmes coulent sur mes joues.

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais moi, lorsque j’entends une histoire comme celle-là, je pense immédiatement à tous ces gens qui passent leurs journées à s’apitoyer sur leur sort. On en connaît plein de ces parasites qui forment la populaire chorale des victimes, avec leur fameux hit qui nous pollue les oreilles : « C’est pas juste, ça arrive juste à moi. »

Mais aujourd’hui, je n’ai aucune envie de gaspiller de l’énergie pour ces gens qui sont 100 % responsables de leur sort. Quant à moi, j’estime que les réseaux sociaux leur donnent déjà assez d’attention.

Chaque fois que j’entends une histoire inspirante comme celle-là, je pense à mes propres problèmes et automatiquement je me dis : « Ta gueule ! » tout en riant. Ces gens inspirants me font voir les choses différemment, ça me force à tout relativiser, et j’adore ça.

Ces histoires me font réaliser le ridicule de mon petit chialage. Et lorsqu’il m’arrive quelque chose de sérieux, qui m’empoisonne la vie et m’affronte, ça me donne la motivation de rembarquer dans le ring pour célébrer une autre victoire.

Bravo Shaquem

Donc bravo Shaquem. Bravo pour avoir fermé la gueule de tous ceux qui ont dit que tu ne pouvais pas faire ce que tu veux dans la vie. Merci d’avoir inspiré autant de jeunes à marcher dans tes pas. Merci de te confronter à ceux qui n’ont pas le courage de poursuivre leur rêve et sombrent dans le négatif en espérant voir les autres échouer.

Chaque année, je souligne la nouvelle saison de la NFL en m’achetant un nouveau chandail. Lorsque je porterai le tien et que quelqu’un me demandera qui tu es, ça me fera toujours plaisir de raconter ton histoire.