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Le calvaire

GEN-ÉCOLE-ENSEIGNEMENT
Photo Jean-François Desgagnés

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Le rapport sur le décrochage scolaire de l’Institut du Québec a fait couler beaucoup d’encre cette semaine. Pour améliorer le taux de diplomation du Québec, l’Institut invite le gouvernement à regarder ce qui se fait du côté de l’Ontario. Qu’est-il donc possible de voir chez nos voisins performants?

Ainsi, Le Devoir rapportait «la mise en place de la maternelle à 4 ans, l’obligation d’aller à l’école jusqu’à 18 ans, la création d’équipes spécialisées dans la lutte contre le décrochage scolaire dans chaque école, la flexibilité et la souplesse du système scolaire, l’importance de la formation continue des enseignants, de l’évaluation de la performance et la présence d’un ordre professionnel des enseignants et une prise de décision basée sur les pratiques probantes soutenues par la recherche».

À l’exception de la suggestion de l’ordre professionnel, toutes les idées énoncées font déjà l’objet d’un large consensus au Québec. À quand les actions significatives?

Aveuglement

L’Institut, dans sa liste exhaustive de solutions, oublie un fait important: chez les francophones au Québec, 26% des élèves fréquentent une école secondaire privée (dans les régions urbaines comme l’Estrie, Montréal et Québec, les taux sont respectivement de 35%, 39% et 42%).

Quel hasard! On oublie, encore une fois, l’idée de couper le financement aux écoles privées. Bizarre. Toujours l’exemple de l’Ontario ou du Nouveau-Brunswick (pour l’inclusion), mais jamais un mot à propos du fait que ces provinces ne financent pas l’école privée et que leur taux de fréquentation au privé soit ridiculement bas.

J’ai tout de même trouvé un texte du magazine L’actualité qui soulevait la pertinente question: La compétition entre privé et public pourrait-elle être en cause?

Ah? Tiens donc... Je radote ça sur mon blogue depuis 2015. Mais bon, quelle est la valeur des propos des enseignants au Québec? Ayant travaillé à l’école privée et à l’école publique au régulier et dans un programme particulier, qu’est-ce que je peux bien connaître du système d’éducation?

«[...] les élèves en difficulté se retrouvent aujourd’hui concentrés dans ce qu’il est convenu d’appeler les écoles publiques “régulières”. La proportion d’élèves en difficulté dans les écoles secondaires publiques est maintenant de 30%, c’est préoccupant, souligne la chercheuse. De nombreux experts du monde de l’éducation [...] montrent du doigt depuis longtemps cet écrémage des meilleurs élèves pour expliquer la piètre performance des écoles publiques québécoises. Si le tiers des élèves d’une classe ont des difficultés d’apprentissage ou de comportement, il est bien possible que cela tire les résultats vers le bas plutôt que vers le haut...»

Ah? Vraiment? Des résultats tirés vers le bas? Quelle surprise!

Comme enseignant, chaque fois que j’entends parler d’éducation, c’est le jour de la marmotte.

Et la marmotte voit toujours son ombre.

Calvaire que l’hiver est long!