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Un cimetière entre ciel et terre

Cimetière Christophe Colomb, Cuba
Photo courtoisie Le monument aux pompiers morts en devoir.

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Ce qui retient surtout l’attention, ce n’est pas tant son étendue et sa densité que son architecture et le côté spectaculaire de ses monuments, panthéons, chapelles, mausolées et autres tombeaux. Classé monument national, ce cimetière de forme rectangulaire possède quatre portes, orientées aux quatre points cardinaux : nord-sud-est-ouest.

Pour une visite, on vous demandera 5 CUC (6,40 $), mais pour les citoyens cubains, l’entrée est gratuite. La visite peut durer plusieurs heures si vous désirez tout voir, sinon il faudra vous rabattre sur les principaux monuments que vous pourrez choisir à l’aide d’une carte touristique qu’on vous vendra à l’entrée principale, sur Zapata, au coin de la rue 12.

Dès votre arrivée, vous serez frappé par l’arc impressionnant de style néo-byzantin, chapeauté d’une sculpture en marbre de Carrare représentant les trois vertus théologales, dont parle Paul dans sa première épître aux Corinthiens : la foi, l’espérance et la charité. Les monuments et panthéons les plus anciens sont situés sur votre gauche.

Célèbre Milagrosa

L’endroit le plus visité est certainement le monument appelé « La Milagrosa de Cuba » (La Miraculée de Cuba), que vous trouverez facilement en empruntant l’avenue centrale, un peu avant d’arriver à la chapelle centrale, sur votre gauche. On s’y rend non pas pour son architecture, œuvre du sculpteur cubain José Vilalta Saavedra, le même qui a construit l’arc d’entrée, mais pour sa légende qui perdure depuis une centaine d’années.

La Miraculée de Cuba.
Photo courtoisie
La Miraculée de Cuba.

Amelia, une jeune mariée, meurt à 23 ans en donnant naissance à son enfant mort-né. Son mari les enterre ensemble, avec l’enfant à ses pieds comme le veut la tradition.

Treize ans plus tard meurt le père de l’époux éploré. On décide de l’enterrer au même endroit et on exhume les restes d’Amelia et son enfant.

Double surprise : les corps de la mère et de l’enfant sont intacts, et l’enfant repose désormais dans les bras de la mère. La nouvelle du miracle s’est répandue rapidement à travers tout le pays. Depuis ce temps, des milliers de personnes y défilent pour demander que soient exaucés leurs vœux. Certains se réalisent et on y revient alors pour y apposer une petite plaque en marbre sur laquelle on peut lire les remerciements à « La Milagrosa ». Le mari y venait tous les jours jusqu’à ce qu’il meure, 40 ans plus tard. Il frappait trois fois sur le tombeau avec un anneau pour lui signifier sa présence, puis repartait en reculant, sans jamais tourner le dos au monument, comme pour la voir le plus longtemps possible.

Aujourd’hui, les visiteurs respectent religieusement ce rituel.

Les Bomberos à l’honneur

Pas très loin de La Milagrosa, de l’autre côté, vous ne pourrez manquer l’imposant monument aux pompiers (bomberos) et autres victimes, au nombre de 38, morts lors de l’incendie d’une quincaillerie de la Vieille Havane, en 1890. Le sculpteur a gravé dans le marbre le portrait des 18 pompiers qui y ont péri.