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Confession déchirante sur un lit de mort

Patricia MacDonald
Photo courtoisie, David Ignaszewski - Koboy Patricia MacDonald

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Toujours en quête d’idées inusitées pour ses thrillers psychologiques, la talentueuse romancière américaine Patricia MacDonald raconte l’aveu bouleversant d’une femme sur son lit de mort dans son nouveau roman, La fille dans les bois. Dans cette intrigue, l’homme qui croupit depuis 15 ans en prison à la suite d’un meurtre n’est pas coupable. Alors qui l’est ?

L’histoire qu’elle raconte donne froid dans le dos, dès le début. Elle se déroule dans une petite ville des Poconos, une belle région montagneuse de la Pennsylvanie.

En dépit de l’inquiétude de ses parents, la petite Molly se rend chez sa meilleure amie, Blair, après l’école. Elle devait y passer la soirée, mais l’oncle Ellis, qui héberge Blair et sa sœur Céleste, ne voit pas l’affaire du même œil. Bourru, de mauvaise humeur, il renvoie Molly chez elle. Sur le chemin du retour, elle est assassinée.

Quinze ans après le drame, Blair, installée à Philadelphie, retourne dans la ville de son enfance après avoir été informée que sa sœur, Céleste, se meurt d’un cancer. L’oncle Ellis en prend soin du mieux qu’il peut.

Avant de rendre son dernier souffle, Céleste fait une confidence à sa sœur. Adrian Jones, le jeune Afro-Américain condamné pour le meurtre de Molly, est innocent. Céleste en est convaincue, car elle était en sa compagnie le soir du meurtre et n’avait pas osé l’avouer à l’oncle Ellis, craignant sa réaction en apprenant qu’elle fréquentait un jeune homme de race noire.

Bouleversée à la fois par la mort de sa sœur et par cette confidence, Blair souhaite faire libérer Adrian. Résolue à tout, Blair poursuit sa quête en compagnie d’un détective et d’une journaliste. Elle n’a plus qu’une obsession : trouver le vrai meurtrier de son amie Molly.

Mené de main de maître

Patricia MacDonald a donné la pleine mesure de son talent dans ce thriller mené de main de maître. « J’avais toujours voulu écrire un roman basé sur un aveu sur le lit de mort, sur une sorte de confession désespérée », explique la romancière, en entrevue.

« Je voulais aussi écrire au sujet des familles déchirées par la politique – vous savez sans doute qu’il y en a beaucoup chez nous. »

Patricia MacDonald est allée à quelques reprises dans les monts Poconos, où elle a cadré son intrigue. « Je voulais intégrer une atmosphère de région montagneuse à mon récit. Je suis allée dans bien des villages de montagne au cours des années. Les gens qui y vivent ont quelque peu le sentiment d’habiter dans une forteresse. Ils semblent hors d’atteinte. »

La région devient en quelque sorte un personnage. « Blair avait fui les montagnes, où elle se sentait confinée, et s’était “sauvée” en ville... mais doit y retourner à cause de la confession de sa sœur. »

Blair est toujours hantée par la mort de son amie d’enfance. « Elle se sent coupable. Je pense que c’est une jeune femme moderne. Elle me fait penser à certaines amies de ma fille, qui a 27 ans maintenant. Elles font des affaires, n’essaient pas de plaire et s’attendent plutôt à être prises au sérieux. »

Un personnage à part

L’oncle Ellis est un personnage à part. « C’est un individu réactionnaire, d’extrême droite, il est assez caractéristique de certaines personnes qui habitent dans les montagnes, du moins ici, aux États-Unis.

Les gens fuient vers les montagnes pour vivre en marge de la société. Je trouvais qu’Ellis était intéressant : il y a bien des choses méprisables à son sujet, mais au bout du compte, il a quand même pris soin de ses deux nièces. »


Patricia MacDonald est auteure de nombreux best-sellers, dont Un étranger dans la maison et Personne ne le croira, tous publiés en français chez Albin Michel.

♦ Elle habite à Cape May au New Jersey.

 

Extrait

<b><i>La fille dans les bois</i></b><br/>Patricia MacDonald<br/>Édiions Albin Michel, 395 pages
Editions Albin Michel
La fille dans les bois
Patricia MacDonald
Édiions Albin Michel, 395 pages

« – Céleste, murmura Blair. Tu m’entends ?

Céleste semblait s’éloigner. Blair contemplait le visage cireux de sa sœur, son cerveau tournant à plein régime. Mon Dieu... Cet homme est en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Il faut que je fasse quelque chose.

Céleste respirait de plus en plus mal. Blair l’observait, impuissante, taraudée par la migraine, exténuée à force de rester assise à attendre.

Depuis combien de temps était-elle là ?

Il lui semblait que son cœur se déchirait, se tordait, à regarder ainsi sa sœur disparaître. »

– Patricia MacDonald, La fille dans les bois