/opinion/columnists
Navigation

Ça va, la tête ?

Coup d'oeil sur cet article

C’est la Semaine nationale de la santé mentale. Le sujet est encore tabou. Ça touche pourtant un Québécois sur cinq. Mais ceux qui en souffrent le font en silence. Trop dur de trouver de l’aide. On vient de porter en terre la petite Rosalie, deux ans, tuée par sa mère. Je me demande... Si on s’était un peu plus préoccupé de la santé mentale de cette femme, aurait-on pu empêcher la mort de sa fille ? Peut-être. Je n’excuse pas le geste. Je joins juste ma voix à tous les intervenants qui crient à plus d’aide en santé mentale et qu’on n’écoute pas.

Tous absents

On fait des campagnes contre les maladies cardiovasculaires, mais pour la dépression, par exemple, 2e cause de maladie et d’incapacité selon l’OMS, on ne fait que justifier un manque de ressources. Est-ce parce que les maladies qui touchent la tête intéressent peu ? Migraine, Alzheimer, autisme, tous des parents pauvres en santé. On a tellement coupé dans le réseau qu’on a passé le rouleau compresseur sur des clientèles fragiles.

Une mère qui jette son enfant aux poubelles soulève clairement un enjeu de santé mentale. Où étaient les services sociaux, la DPJ, le CLSC, les voisins, la famille, le village ? Tout le monde justifie son absence. Chacun transfère sa responsabilité à l’autre.

Pas de complot

Par ailleurs, cessons d’affirmer qu’on banalise le crime d’une mère alors qu’on condamne un père meurtrier. À quoi ça sert d’opposer les sexes pour faire croire que les hommes sont maltraités au Québec, victimes d’une société matriarcale qui les étouffe, en commençant par l’école, pas faite pour eux et qui brime leur désir de liberté ? Cela donne des munitions aux « masculinistes » frustrés qui tuent des piétons.

Un meurtre d’enfant est terrible. Mais c’est documenté que les pères tuent le plus souvent par désir de vengeance et que les mères ont moins ce réflexe. C’est comme ça. Ce n’est pas un complot anti-homme que de le reconnaître.

Une fois cela dit, trop de gens hésitent à consulter de peur d’être jugés. Personne n’est pourtant à l’abri d’un évènement qui peut mettre en péril son équilibre mental. Ça arrive aux meilleurs comme aux autres.