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Le prêt-à-cuisiner à toutes les sauces

L’entreprise Cook it multiplie ses efforts pour faire connaître sa marque au Québec

Judith Fetzer, cofondatrice de l’entreprise Cook it, dans ses nouveaux bureaux, à Montréal.
Photo Agence QMI, Dario Ayala Judith Fetzer, cofondatrice de l’entreprise Cook it, dans ses nouveaux bureaux, à Montréal.

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Sous le mentorat d’Alain Bouchard, le fondateur d’Alimentation Couche-Tard, la jeune entrepreneure Judith Fetzer rêve de faire grandir son entreprise en misant d’abord et avant tout sur l’expérience client.

Depuis ses débuts, Cook it, spécialisée dans les boîtes repas à assembler, mise avec succès sur l’expérience client pour accroître ses ventes en ligne. Face à un environnement de plus en plus concurrentiel, elle doit faire encore plus pour optimiser l’engagement de ses acheteurs.

La jeune entreprise poursuit un objectif ambitieux. « D’ici cinq ans, nous voulons être dans le top 5 des entreprises canadiennes au chapitre de l’expérience client », affirme la cofondatrice Judith Fetzer.

La PME a obtenu un financement de 1,6 M$ au début de 2018 qui lui permettra justement de déployer de nouvelles stratégies de marketing.

Fidélisation numérique

Cook it utilise déjà une panoplie d’outils pour acquérir de nouveaux clients et les fidéliser : publicité sur le web, présence sur les réseaux sociaux, campagnes de notoriété, programme de référencement, etc.

« Notre meilleur outil reste les stratégies d’acquisition de courriels, soutient Judith Fetzer. Les courriels, c’est un moyen efficace de rejoindre la clientèle. Il faut en envoyer sur une base régulière, à tous les jours même, et offrir du bon contenu. »

Cook it obtient un taux de conversion de plus de 10 % grâce à cette stratégie. Selon l’entrepreneure, il ne faut pas avoir peur d’importuner les destinataires avec l’afflux de messages. « Une fois qu’ils sont rentrés dans l’entonnoir de conversion, c’est qu’ils ont un intérêt envers nos produits. Il faut alors être plus agressif en matière de communication. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas encore procédé à un achat qu’ils ne sont pas intéressés à devenir clients. »

Faire connaître sa marque

Il faut parfois sortir du web pour augmenter ses ventes en ligne. En septembre dernier, Cook it a lancé son premier magazine de recettes qui est vendu dans plus de 2500 points de vente au Québec (épiceries, pharmacies, magasins de grande surface). À raison de deux parutions par année, il permet de faire connaître la marque.

« On produisait déjà beaucoup de contenu avec plus de 1000 recettes sur le web, explique Judith Fetzer. On offre ainsi un produit différent avec des recettes réalisables en moins de 30 minutes. »

Par ailleurs, les boîtes repas de Cook it seront bientôt disponibles dans des dépanneurs Couche-Tard de la région montréalaise et dans une trentaine de dépanneurs de la multinationale dans la région de Gatineau.

Cette nouvelle stratégie de commercialisation a exigé une certaine adaptation pour les dirigeants de Cook it.

« C’est un modèle d’affaires complètement différent, un autre apprentissage, explique Judith Fetzer. Contrairement au web, c’est plus difficile de recueillir de l’information sur les clients qui achètent au détail et donc de prendre les décisions. »

Couche-Tard

L’association avec Couche-Tard allait de soi depuis que Judith Fetzer profite des conseils d’Alain Bouchard qui est devenu son mentor dans le cadre du projet Adopt Inc., qui permet à de jeunes entrepreneurs d’être associés à un dirigeant d’expérience.

Cela a donné une véritable impulsion à Cook it qui a réalisé une première acquisition en 2017 lorsqu’elle a fusionné ses activités avec Kuistot, spécialisée dans le prêt-à-cuisiner.

Cook it a aussi investi ces derniers mois pour améliorer ses opérations. Elle est récemment déménagée dans un local plus grand qui lui permet d’augmenter sa capacité de production. « On peut ainsi facilement doubler le chiffre d’affaires pour atteindre 10 M$ », soutient Judith Fetzer.

 

Profil

  • Fondée en 2014
  • Plus de 3500 clients
  • Chiffre d’affaires : près de 6 M$
  • Plus de 60 employés
  • Principaux marchés : Québec et Ontario
  • Actionnaires : Judith Fetzer, Paul Braicovich, Elic Ng, Alexandre Caron

 

Des recettes concoctées grâce à l’intelligence artificielle

 

Cook it exploite de plus en plus sa base de données pour élaborer une meilleure offre à sa clientèle.

« On utilise des algorithmes de l’intelligence artificielle pour bâtir nos menus, explique Judith Fetzer, la cofondatrice de la PME. Par exemple, on s’est rendu compte qu’en changeant un seul ingrédient d’une recette qui n’était pas populaire, elle peut devenir un super vendeur. Tout est dans la façon d’exploiter les données que nous avons sur nos 3500 clients. »

Neurones

Cook it fait notamment des tests avec des réseaux neuronaux, soit un ensemble d’algorithmes dont le fonctionnement est inspiré des neurones biologiques, pour approfondir sa connaissance sur les préférences et les habitudes alimentaires de ses utilisateurs.

« En s’abonnant à nos services, les nouveaux clients doivent bâtir un profil personnalisé en faisant des choix à travers un ensemble de catégories et de recettes, explique Judith Fetzer.

« Ce profil évolue et devient plus précis à chaque interaction que la personne fait sur notre site. Au fil du temps, ça nous permet de faire évoluer nos recettes pour qu’elles correspondent à ce que nos clients veulent vraiment. »

Développeurs

Une équipe de quatre développeurs ont le mandat de recueillir l’information et de trouver les outils appropriés pour tirer profit des données. « Le tout a commencé un peu comme un projet mené en parallèle. Finalement, il nous enthousiasme beaucoup au fur et à mesure que l’on en découvre les possibilités », raconte Judith Fetzer.

Le projet est encore à l’état embryonnaire, mais pourrait devenir un véritable moteur pour le développement de stratégies de marketing ciblées afin de proposer du contenu ou des produits correspondant encore davantage aux goûts et aux attentes de la clientèle.

« Nos développeurs sont vraiment allumés. Ils regardent notamment ce qui se fait comme applications de machine learning [apprentissage automatique]. On a la chance d’avoir un pôle fort à Montréal dans le domaine de l’intelligence artificielle.

« On voit beaucoup d’entreprises qui réussissent à se démarquer grâce à ces outils. Ça donne l’eau à la bouche. »