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Un traitement contre la maladie d'Huntingdon suscite l'espoir

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Un nouveau traitement contre la maladie d’Huntington qualifié de révolutionnaire crée beaucoup d’espoir dans la communauté autochtone d'Uashat mak Mani-Utenam, particulièrement touchée par la maladie causée par un gène fautif qui se transmet, une fois sur deux, d’un parent à l’enfant.

La maladie d’Huntington apparaît généralement à l’âge adulte et provoque des mouvements incontrôlables. Le cerveau est atteint par une protéine à qui les chercheurs mènent la vie dure grâce à un nouveau médicament qui a été testé chez les humains en Angleterre.

«Ce qu’on a fait depuis un an, c’est qu’on a réussi à trouver un moyen d’arrêter la production de cette protéine qui est nocive au niveau du cerveau. C’est ça qui est révolutionnaire», a expliqué le neurologue du centre hospitalier de l’Université de Montréal, Sylvain Chouinard, qui suit les patients de Uashat mak Mani-Utenam depuis près de 10 ans.

Il existe de bons médicaments pour traiter les symptômes moteurs, cognitifs et psychiatriques de la maladie d’Huntington, mais il n’existait aucun traitement pour enrayer la maladie ou en freiner la progression.

«On est vraiment excité, poursuit le docteur Chouinard. On n'aurait jamais pensé qu’on puisse intervenir auprès de cette maladie-là. [...] Les indices et les données préliminaires nous laissent penser qu’on va pouvoir vraiment diminuer la progression de la maladie.»

Une personne sur 10 000 est atteinte de la maladie d’Huntington. Cependant, cette proportion grimpe à 1 sur 200 dans la communauté d'Uashat mak Mani-Utenam. La maladie s'est transmise de générations en génération par une famille nombreuse.

La psychiatre Isabelle Gingras se réjouit de cette percée médicale, elle qui constate régulièrement les conséquences de la maladie d’Huntington dans la communauté innue.

«J’ai vu beaucoup de gens souffrant de psychose associée à cette maladie-là qui ont besoin des mêmes traitements que d’autres personnes qui peuvent avoir des troubles psychotiques. C’est tragique parce que, déjà, ils ont la maladie d’Huntington et, souvent, il y a des maladies psychiatriques assez invalidantes et terrifiantes pour certains.»

La recherche sur le nouveau médicament se poursuivra notamment à Montréal au cours des prochaines années. Le traitement pourrait être efficace pour d’autres maladies neurodégénératives, de quoi susciter beaucoup d’espoir dans la communauté médicale.