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Des semaines de traitements loin de la maison

« Je n’avais pas les moyens de stationner mon auto tous les jours », affirme une dame traitée contre le cancer

Francine Duclos, de Saint-Tite-des-Caps, devra passer au moins une 5e semaine à l’hôpital, avant d’y retourner quelques jours pour d’autres soins, le mois prochain.
PHOTO Elisa Cloutier Francine Duclos, de Saint-Tite-des-Caps, devra passer au moins une 5e semaine à l’hôpital, avant d’y retourner quelques jours pour d’autres soins, le mois prochain.

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Une dame de Saint-Tite-des-Caps doit vivre loin de son conjoint pendant les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie qu’elle reçoit à Québec, puisqu’elle ne peut se rendre à l’hôpital en voiture tous les jours en raison des tarifs trop élevés de stationnement.

« Mon conjoint vient me porter le lundi matin et il revient me chercher le vendredi », raconte Francine Duclos, qui est hospitalisée depuis maintenant quatre semaines à l’Hôtel-Dieu de Québec pour y traiter un cancer.

Pour éviter de payer un tarif quotidien de 16 $, elle s’est résignée à loger dans un pavillon adjacent à l’hôpital, le temps de recevoir ses traitements. « Je n’avais pas les moyens d’avoir ma voiture ici avec moi tous les jours », affirme-t-elle.

Les plus gros profits à Québec

Les rapports financiers des établissements de santé remis au gouvernement montrent qu’en 2017, les hôpitaux et CHSLD ont fait des surplus d’environ 70 M$ avec les stationnements. Ces sommes restent aux établissements, une fois les coûts de gestion et d’entretien payés.

Certains CIUSSS montréalais et les CISSS de Montérégie, Laval, de Lanaudière et de l’Estrie ont ainsi encaissé plus de 3 M$ chacun.

Ce sont par ailleurs les stationnements des cinq hôpitaux du CHU de Québec qui génèrent le plus de profits en province, soit plus de 8 M$.

L’Alliance professionnelle et technique de la santé déplore que les établissements remplissent leurs coffres sur le dos des patients et des employés. La présidente, Carolle Dubé, y voit une taxe déguisée.

« Ça devrait être gratuit »

Selon Mme Duclos, les stationnements dans les hôpitaux devraient être gratuits.

Un avis largement partagé par des patients et visiteurs rencontrés par Le Journal, jeudi. C’est d’ailleurs pour éviter de payer « un stationnement trop cher » que Gilles Plamondon a décidé d’attendre sa conjointe dans la voiture, alors que cette dernière devait visiter son médecin pour un suivi à l’Hôtel-Dieu de Québec.

Pour Julie Latulippe, payer 16 $ pour un stationnement dans un hôpital est presque devenu habituel. Enceinte et régulièrement suivie au CHUL, Mme Latulippe rendait visite à sa mère hospitalisée à Saint-François-D’Assise, hier. « Je paye aux deux places ! Je viens aux deux jours pour voir ma mère. C’est très dispendieux, les stationnements, ça n’a pas de sens », indique-t-elle.

Le son de cloche était le même pour Simone Boily, qui jusqu’à maintenant, a déboursé près de 200$ pour venir visiter sa belle-sœur, hospitalisée depuis deux semaines. «Il y en a plusieurs ici qui doivent rester plusieurs jours voire des semaines. Ça coute très cher», critique-t-elle.

En mars dernier, un employé de l’Hôpital de Baie-Saint-Paul a lancé une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, réclamant l’abolition des frais de stationnement des hôpitaux. Au total, 11 848 personnes ont donné leur appui à la cause, alors que la période de signatures prenait fin mardi.

– Avec la collaboration d’Hugo Duchaine


Prix des stationnements dans les cinq hôpitaux du CHU de Québec

  • Moins de 30 minutes : gratuit
  • 31 à 40 minutes : 4 $
  • 1 heure : 8 $
  • 2 heures : 14 $
  • Une journée : 16 $

Surplus engrangés par les hôpitaux grâce aux stationnements

  • CHU de Québec : 8,04 M$
  • Estrie : 5,06 M$
  • Saguenay-Lac-Saint-Jean : 4,54 M$
  • Est de l’île de Montréal : 4,51 M$

Source : Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS)