/opinion/columnists
Navigation

Dans le jardin de Marguerite

Marguerite Blais
Photo d'archives Marguerite Blais

Coup d'oeil sur cet article

La candidature pour la Coalition avenir Québec de l’ex-ministre libérale responsable des aînés, Marguerite Blais, en a étonné plusieurs. Vire-capot pour les uns et audacieuse pour les autres. Une seule chose est sûre. Pour la CAQ, c’est une prise de taille enrobée toutefois d’une vaste commande politique.

La prise est sérieuse. Certains réduisent sa carrière pré-PLQ à celle d’une « animatrice » de télévision. Sa popularité ne reposant, disent-ils, que sur sa notoriété médiatique. Le jardin de vie de Mme Blais est pourtant beaucoup plus étendu.

Mme Blais est détentrice d’un doctorat et d’un postdoctorat. Elle est auteure et récipiendaire de nombreux prix d’excellence. Elle continue également à se démarquer sur la place publique par sa grande préoccupation pour les problématiques complexes et les besoins scandaleusement ignorés des aînés, des proches aidants et des personnes handicapées.

Vaste commande

On l’a même vue combattre la fusion du CHU Sainte-Justine avec le méga CHUM. Une fusion forcée par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Alors, que fera-t-elle à la CAQ, un parti de centre droite et conservateur ? Toute une question. C’est précisément là qu’entre en jeu la « commande politique » que son arrivée passe en même temps au chef caquiste François Legault.

Bien sûr, sur le plan électoral, c’est un cadeau. La candidature de Mme Blais pourrait l’aider à rafler le vote de plusieurs personnes âgées inquiètes avec raison de ce qui les attend en termes de services publics.

C’est cependant sur le plan humain et philosophique que son arrivée passe une grosse commande à la CAQ. Elle y apportera un vent d’humanisme. Elle parlera aux ténors caquistes de ce que c’est, pour vrai, d’être une personne vulnérable sans ressources suffisantes pour avoir une qualité de vie décente.

Humanisme

Or, ce faisant, si elle est élue dans Prévost et que la CAQ prenait le pouvoir, la présence de Mme Blais créerait ainsi de grandes attentes face à François Legault pour qu’il livre des politiques et des ressources conséquentes.

En cela, le passage de Marguerite Blais à la CAQ est tout d’abord un immense désaveu de l’inaction crasse de Philippe Couillard, Gaétan Barrette et Lucie Charlebois envers les plus vulnérables d’entre nous.

Depuis leur élection, il y a zéro plan et zéro vision pour les proches aidants, les soins à domicile, le vieillissement déjà enclenché de la population, de même que pour les personnes handicapées intellectuelles adultes et leurs familles. Pendant que les médecins spécialistes passent à la caisse, ce sont eux, les grands délaissés du gouvernement Couillard.

Sur la scène politique québécoise, le retour de Marguerite Blais rappelle aussi que l’humanisme et l’empathie doivent être des valeurs cardinales d’une société se disant « avancée ». Ce qui, sous l’austérité de M. Couillard, aura manqué terriblement.

À l’Assemblée nationale, on en trouve pourtant des élus humanistes, dont Véronique Hivon et Dave Turcotte, du PQ, François Paradis, de la CAQ, et Manon Massé, de Québec solidaire. Le vrai problème est que ceux qui sont au pouvoir, eux, ne le sont pas.