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Le mystère Taillefer

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Je ne l’ai jamais rencontré. Comme tout le monde, je sais qu’Alexandre Taillefer a été un Dragon, qu’il a cofondé la plateforme musicale Stingray, qu’il est le partenaire d’affaires de Stephen Bronfman, qu’il a fait un étrange documentaire au sujet de son fils Thomas qui s’est suicidé à 14 ans, qu’il possède des taxis électriques vert et blanc qui répondent au nom de Téo Taxi, qu’on l’accuse d’être un téteux de subventions, qu’il est président du C.A. du Musée d’art contemporain, qu’il a sauvé Voir et L’actualité, et maintenant, parce qu’il va présider la campagne libérale.

Certains le voyaient au PQ, à la CAQ et même à QS. « Je suis un queer politique », écrivait-il dans Voir, pour expliquer son soutien à tous les partis.

Le personnage tape prodigieusement sur les nerfs de certains, dont je suis. Trop, c’est comme pas assez. Il court partout, se met le nez dans tout, a des opinions sur tout. Tout le temps.

Talentueux dilettante

Tant qu’il demeure un homme d’affaires, ses motivations lui appartiennent. Mais une fois qu’il est politicien, on a le droit d’en savoir plus sur l’homme.

Quand son fils est mort, je l’ai entendu dire à la radio qu’il s’en voulait, qu’il n’avait pas été assez présent, trop pris par le travail. Et puis, il est reparti sur les chapeaux de roues. Dans toutes les directions.

En 2016, il disait à Hugo Dumas de La Presse : « Mon vrai métier, c’est d’être investisseur et entrepreneur », et le voilà organisateur politique.

Je ne peux juger ses performances en affaires, mais je sais qu’il a donné à Voir et à L’actualité un souffle nouveau. Bravo !

Alexandre Taillefer n’est pas un imbécile, mais qu’est-ce qui le fait courir ainsi ? Construire un empire ? Sauver le Québec, ou sauver son âme ?