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Ça ressemble à un vrai combat

SPO-BOXE-GROUPE YVON MICHEL
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits La conférence de presse annonçant le combat entre Jean Pascal et Steve Bossé n’avait rien d’un cirque grossier comme l’affrontement entre Floyd Mayweather et Conor McGregor.

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Honnêtement, la petite conférence de presse organisée par Yvon Michel aurait pu ressembler à une vente de chars usagés. Un long boniment pour expliquer que la Cadillac de 200 000 kilomètres avait toujours été conduite par un curé et que sa dernière soutane était encore dans la valise de l’auto.

Le boniment de Michel a été long, mais il n’a pas parlé du curé. Et après les petits discours de Stéphan Larouche, de Jean Pascal et de Steve Bossé, on savait déjà qu’on aurait droit à de la classe, pas à un cirque grossier comme l’affrontement entre Floyd Mayweather et Conor McGregor.

Rappelez-vous ces conférences de presse vulgaires et indigestes aux quatre coins de l’Amérique pour vendre la poutine à 200 millions.

Ce ne fut pas le cas. Pas hier en tous les cas.

Deux gentlemen, veston et cravate, dans le noir pour Jean Pascal et dans des tons de bleus pour l’homme d’affaires qu’est Steve Bossé. Et des propos polis et mesurés de chacun deux.

Une beauté.

GROS HANDICAP

Soyons francs. Jean Pascal s’est battu dans des combats pour un titre de champion du monde une dizaine de fois. Contre Bernard Hopkins, contre Sergey Kovalev, contre Carl Froch, contre Chad Dawson, contre Adrian Diaconu, mettez-en des grands noms et des guerriers, Pascal les a tous affrontés.

Il a perdu six fois, mais sans jamais être compté au plancher.

Surtout, on l’a bien vu contre Ahmed Elbiali à Miami, Jean Pascal a encore beaucoup de gaz dans le réservoir. Ses lourds combats contre Kovalev et Hopkins n’ont pas diminué son courage et son goût de prendre des risques dans un ring.

Et en l’écoutant hier, on réalise qu’il a très bien récupéré de toutes ces guerres.

Devant lui, Steve Bossé a gagné beaucoup de combats sur les patinoires de la Ligue nord-américaine. Est-ce qu’on s’en fout de ces batailles de cirque romain.

Plus sérieux, il a été un bon combattant dans les arts martiaux mixtes. Et surtout, il a fait beaucoup de boxe amateur avant de se lancer dans les bagarres au hockey.

« J’ai le sens de l’équilibre d’un boxeur. Je ne suis pas dépaysé dans un ring. Dans les MMA et dans l’UFC, je gagnais mes combats en boxant, pas en luttant ou avec le ju-jitsu. J’ai appris à me protéger et je sais cogner dur. Je suis confiant ! » a-t-il dit lors d’une conversation.

JEAN PASCAL, UN POIDS LOURD

En fait, c’est ce handicap dans le poids qui rend le combat entre Pascal et Bossé intéressant. Même s’il estime monter dans le ring à 215 livres, on peut croire que Bossé va frôler les 220. Jean Pascal, lui, aimerait se battre à 200 livres. Juste pour connaître le feeling d’un poids lourd.

« Après ma victoire contre Steve Bossé, j’aimerais poursuivre ma carrière chez les poids lourds. Commencer par des gars comme Oscar Rivas ou Simon Kean. Voir comment je me sens », de dire Pascal.

Ce n’est pas si fou. Tony Belew s’est battu à 168 livres, puis à 175 contre Adonis Stevenson à Québec. La fois où la bataille avait failli éclater jusque dans les cuisines de Château Bonne-Entente. Mais c’est à 200 livres, chez les lourds légers, que Belew est enfin devenu champion du monde. C’est donc jouable même si ce n’est guère prudent. Jean Pascal a un formidable physique, un corps de sculpteur, et il perdrait beaucoup de vitesse et de précision s’il ajoutait 25 livres de graisse sur ces muscles d’acier. Mais disons que certains sont mal placés pour faire la leçon.

SANS DOUTE À LA PLACE BELL

Hier, Yvon Michel ne pouvait confirmer que le combat serait présenté à Place Bell à Laval. Il faut dire que Jacques Aubé, le patron d’evenko, n’a pas encore digéré le pas de danse qui a envoyé Stevenson-Jack à Toronto.

Mais comme la conférence de presse avait lieu au 1909, à l’intérieur du Centre Bell, je considère que les fréquentations sont bien amorcées.

Qu’on me comprenne bien. L’affrontement entre Jean Pascal et Steve Bossé n’a rien du drame d’un combat entre Simon Kean et Adam Braidwood à Shawinigan. D’ailleurs, je me demande s’il reste 100 billets à vendre à Shawi. Et le gala du 26 mai à Québec avec David Lemieux offre des boxeurs au sommet de leur art. Quant à Adonis Stevenson et Badou Jack, que l’on aime Adonis Stevenson ou pas, ça reste un combat de championnat du monde WBC.

Mais on le réalise encore une fois. Jean Pascal, c’est Jean Pascal.

Yvon Michel a souvent dit que Jean Pascal a déjà sauvé sa compagnie dans le passé. Ce sacré Jean est en train de remettre GYM sur les rails une autre fois.

Cela dit, il va rester qui dans l’écurie GYM à mettre en sous-carte de ce combat qui finalement ne sera pas une comédie, mais un vrai duel ?